Portrait de Sylvia Plath devant sa bibliothèque
Portrait de Sylvia Plath devant sa bibliothèque ©Getty
Portrait de Sylvia Plath devant sa bibliothèque ©Getty
Portrait de Sylvia Plath devant sa bibliothèque ©Getty
Publicité

Aujourd’hui, La compagnie des œuvres interroge la question du biographique chez Sylvia Plath, mais également sa conception de l’écriture féminine à la lumière de celle d’Hélène Cixous, ainsi que les liens entre sa littérature et le mouvement du Pop-Art.

Avec
  • Taïna Thukunen-Couzic

Sylvia Plath écrivit avec la matière de sa vie, mais son œuvre se présente-t-elle pour autant comme une littérature de l’aveu, ou au contraire comme une parodie d'autobiographie ? Que dire en outre de sa conception de l’écriture ? Peut-on la rapprocher de celle développée par Hélène Cixous dans Le rire de la méduse (1975), qui posa en France les jalons d’une réflexion autour de l’essence féminine comme déterminante dans le rapport à la langue ? La capacité, enfin, de l’autrice de La cloche de détresse à manier une langue constituée de noms propres issus de la société de consommation permet-elle la comparaison entre son œuvre et le mouvement du Pop-Art, inspiré de cette même société de consommation ? 

C’est la théorie avancée par notre invité du jour, Taïna Tuhkunen, professeure de littérature et cinéma nord-américains à l’Université d’Angers et autrice de Sylvia Plath, une écriture embryonnaire (L’Harmattan, 2007). Matthieu Garrigou-Lagrange poursuit en sa compagnie l’exploration de l’œuvre de Sylvia Plath, à qui cette série de quatre épisodes est dédiée.

Publicité

On a du mal à imaginer à quel point la rhétorique de l'époque des années 50-60, censée encourager les femmes à engendrer de futurs consommateurs, était violente. Sylvia Plath a été l'une des premières voix féminines à interroger la société de consommation. Elle a laissé sa marque, non pas en tant que théoricienne de l'écriture féminine - Hélène Cixous disait d'ailleurs que l'écriture féminine n'était pas théorisable en soi -, mais en tant qu'écrivaine. Ce défi lancé par Sylvia Plath aux stéréotypes, aux métaphores mortes qu'elle tente de raviver, de ressusciter à sa manière dans l'écriture est à mon avis un féminisme encore plus efficace que le militantisme. (Taïna Tuhkunen)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)