Barbara, chanteuse à textes ou écrivaine ? : épisode 2/4 du podcast Barbara ou l'art total

Barbara (1930-1997) sur la scène de l'Olympia, à Paris.
Barbara (1930-1997) sur la scène de l'Olympia, à Paris. ©Getty - Keystone France
Barbara (1930-1997) sur la scène de l'Olympia, à Paris. ©Getty - Keystone France
Barbara (1930-1997) sur la scène de l'Olympia, à Paris. ©Getty - Keystone France
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Barbara se revendique comme "une femme qui chante" et refuse d'être définie comme poétesse. Joël July et Nathalie Masduraud, spécialistes de Barbara, analysent la spécificité de son écriture et sa volonté d'être vue comme une chanteuse populaire.

Avec
  • Joël July Maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille
  • Nathalie Masduraud Réalisatrice de documentaires

Nous serons en compagnie de Joël July, maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille, spécialiste de la chanson française, auteur en 2004 d’une étude intitulée « Les mots de Barbara » aux éditions des Presses universitaires de Provence, et auteur d'une thèse sur le style et les chansons de Barbara.

Barbara, chanteuse ? Plutôt une « femme qui chante », comme elle se définissait elle-même. Une femme qui a d'abord chanté les autres avant, la confiance et le besoin de se confier venant, de donner vie à ses propres textes. Dans ces années 50-60 où triomphe la chanson à texte (Brassens, Brel, Ferré, puis Gainsbourg et Nougaro) Barbara fait entendre une autre poésie, un autre lyrisme. Son art est celui de l'épure, de la susurration : « je ne suis qu'une murmureuse » disait-elle.

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Joël July nous expose toute la richesse que recèlent ces mots murmurés : croisement des niveaux de langue, dramatisation du récit chanté, déploiement de tout l'éventail des passions, tour à tour contenues ou déchaînées. Barbara nous dit, avec tact et sensibilité, l'exultation autant que la mélancolie, les regrets, le désir, l'attente, l'angoisse, le traumatisme cristallisé en aigle noir, le deuil qui devient élégie avec Nantes.

À travers les confidences chantées de Barbara, c'est aussi sa vie que l'on continue d'explorer. Une vie tournée tout entière vers l'amour du public :

Mon idée ce serait de dire que ce qui a été le plus marquant dans la carrière de Barbara et ce qui peut servir de ligne de conduite à ceux qui se revendiquent d’elle, c’est cet amour pour le public, cette espèce de sacrifice pour le public qui est assez important. La chanson Ma plus belle histoire d’amour date du début de carrière, ça ne fait que deux ans qu’elle a du succès et elle chante déjà « ma plus belle histoire d’amour c’est vous. » C’est une prise de conscience d’une part, mais aussi c’est un pacte pour l’avenir, c’est-à-dire effectivement que dans les trente années qui suivront il n’y aura pas d’homme qui viendra remplacer ce public. (Joël July)

La chronique du jour sera consacrée à la présentation du film Pornotropic avec Nathalie Masduraud, coréalisatrice du film diffusé à la télévision le 07 octobre, à 22:50, sur Arte.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

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