Phèdre, pièce de Jean Racine (1639-1699). Gravure signée Huot représentant Phèdre et sa confidente Oenone pendant l'Acte I. Première représentation en 1677 ©Getty - Culture Club / Hulton Archive
Phèdre, pièce de Jean Racine (1639-1699). Gravure signée Huot représentant Phèdre et sa confidente Oenone pendant l'Acte I. Première représentation en 1677 ©Getty - Culture Club / Hulton Archive
Phèdre, pièce de Jean Racine (1639-1699). Gravure signée Huot représentant Phèdre et sa confidente Oenone pendant l'Acte I. Première représentation en 1677 ©Getty - Culture Club / Hulton Archive
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Résumé

C’est dans la tradition grecque, chez Aristote et plus encore chez Euripide, que se trouvent les ingrédients de la « révolution racinienne ». La lecture de Phèdre nous emmène à la découverte de la relation ambiguë entre Racine et les Anciens.

avec :

Tristan Alonge (auteur d’une thèse sur les sources utilisées par Jean Racine.), Alexis Brocas (Journaliste, romancier, critique et rédacteur en chef du magazine, "Lire").

En savoir plus

Avec Tristan Alonge, maître de conférences en Langue et Littérature Françaises, Université de la Réunion, auteur de Racine et Euripide, la révolution trahie (Droz)

Racine et Euripide, c’est la rencontre entre un milieu et un génie, une de ces rencontres littéraires qui font de la tragédie un « miracle intermittent », comme le disait le regretté George Steiner. Grâce à son éducation janséniste, Racine fait partie d’une minorité qui parle le grec, ce qui lui permet de puiser son inspiration à la source des Anciens.

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La différence essentielle est que Corneille est fils de son temps, de tout ce qui est venu avant lui, et de cette lecture morale : le théâtre est là pour enseigner, il y a les bons, il y a les méchants, et il y a un enseignement à tirer ; Racine, lui, se met dans une position purement aristotélicienne ; or, Aristote n’a jamais parlé de morale, mais uniquement de plaisir. C’est ce que Racine cherche dans ses préfaces : il faut plaire au public, c’est la règle suprême. 

Néanmoins, quand on analyse l’évolution de son œuvre, on découvre un éloignement entre la tragédie racinienne et le modèle d’Euripide.  « S’il y a une Phèdre janséniste, c’est la Phèdre d’Euripide ». 

Ce que j’appelle la révolution racinienne, dans la façon de construire une intrigue, c’est de se concentrer non pas autour de péripéties et de personnages secondaires, mais sur un seul personnage, le personnage tragique au sens d’Aristote, qui par sa nature double va provoquer le retournement et la catastrophe finale. 

À réécouter : Phèdre (1677)
1h 59

Et en fin d'émission, retrouvez la chronique d’Alexis Brocas, écrivain et critique au Nouveau Magazine littéraire 

Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Laurence Jennepin
Collaboration