Sylvia Plath et son mari Ted Hughes, en 1956 à Paris
Sylvia Plath et son mari Ted Hughes, en 1956 à Paris ©Getty - New York Public LIbrary Picture Collection
Sylvia Plath et son mari Ted Hughes, en 1956 à Paris ©Getty - New York Public LIbrary Picture Collection
Sylvia Plath et son mari Ted Hughes, en 1956 à Paris ©Getty - New York Public LIbrary Picture Collection
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Quelle fut la nature de la relation amoureuse et littéraire des époux Sylvia Plath et Ted Hughes ? Que dire du rapport de Plath au divin, à la maternité ? La compagnie des œuvres explore ces questions dans un quatrième et dernier épisode dédié à l’autrice d’Ariel.

Avec
  • Frédéric Maget Professeur de lettres modernes, président de la Société des amis de Colette
  • Sylvie Doizelet

« Un jour, ma mort viendra de lui », écrit Sylvia Plath dans un poème dont le sujet n’est autre que son futur époux, le poète Ted Hugues. Elle décrira plus tard dans son journal et sa correspondance leur relation comme violente à plus d’un égard, après l’avoir fantasmée comme un idéal d’union amoureuse et littéraire. Son mari lui aura certes dédié des poèmes – ses Birthday letters, entre autres, publiées après la mort de Sylvia. Elle-même aura témoigné d’un dévouement sans pareil envers la poésie de ce dernier, allant jusqu’à dactylographier ses manuscrits et les défendre auprès des maisons d’édition. Dans ses propres écrits poétiques, elle s’efforce d’habiter l’ombre, convoque les esprits, rejette violemment Dieu. Ironique, elle se déclare Dame Lazare, elle qui a connu la dépression, la tentation de la mort, le traitement par électrochocs, puis la renaissance, et ce trop-plein de vie dans lequel la précipite l’ivresse d’écrire.

Matthieu Garrigou-Lagrange jette aujourd’hui un dernier regard sur la vie et l’œuvre de Sylvia Plath, guidé par l’écrivaine et traductrice Sylvie Doizelet à qui l’on doit l’ouvrage La terre des morts est lointaine : Sylvia Plath (Gallimard/L'un et l'autre, 1996) et la préface du recueil de poésie Birthday Letters (Gallimard, 2015), dédié par Ted Hughes à la défunte autrice du Colosse.

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L'idée que l'imagination, les rêves et les mots, la puissance des mots doivent provoquer les événements dans la vie faisait partie du système de superstition de Sylvia Plath - superstition non pas au sens péjoratif, mais au sens d'un vivier pour l'imaginaire. Sylvia Plath avait un fond très mystique, très religieux, qu'elle a refusé après la mort de son père, et qui a créé un grand vide. Elle l'a remplacé par l'imagination. Elle et son mari vivaient dans un monde où tout était magique, où tout faisait signe. Pour elle, ce monde était source d'inquiétude, de menaces. Lui y voyait quelque chose de naturel, en lien avec les astres, la nature. (Sylvie Doizelet)

En milieu d’émission, place à la carte blanche de Frédéric Maget, directeur de la maison de Colette à Saint-Sauveur en Puisaye, qui nous parle aujourd'hui des quatorze lettres écrites entre le 18 février 1960 et le 4 février 1963 par Sylvia Plath au docteur Beuscher, et dont le contenu apporte un éclairage nouveau sur sa relation avec Ted Hugues. 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Laurence Jennepin
Collaboration