Paysage de Bali, en Indonésie.
Paysage de Bali, en Indonésie.
Paysage de Bali, en Indonésie. ©Getty - Rio Helmi/LightRocket
Paysage de Bali, en Indonésie. ©Getty - Rio Helmi/LightRocket
Paysage de Bali, en Indonésie. ©Getty - Rio Helmi/LightRocket
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Résumé

Au motif de notre mauvais usage du monde, certains font le choix de délaisser l’idée de rationalité si chère à l’esprit des Lumières. Mais n’est-il pas plus judicieux de refonder la rationalité afin qu’elle ne puisse plus servir d’alibi à toutes sortes de dominations ?

avec :

Corine Pelluchon (Philosophe, professeure à l'université Paris-Est Gustave Eiffel, spécialiste de philosophie politique et d'éthique normative et appliquée).

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Avec l’émergence de la démarche galiléenne, l’homme s’est progressivement autonomisé par rapport à l’univers qui l’entoure, jusqu’à se considérer, René Descartes aidant, comme un être d’antinature. Non pas au sens où il serait opposé à la nature, mais où il participerait  d’une essence différente : il serait métaphysiquement autre

Cette coupure-là a constitué un aiguillage discret, mais décisif, qui a orienté la suite de l’histoire. Elle a notamment ouvert la voie à la philosophie des Lumières. La nature s’est progressivement séparée d’avec « le reste ». 

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Trois ou quatre siècles plus tard, la science, longtemps considérée comme le moteur du progrès et de l’émancipation, présente un double visage : c’est grâce à la séparation installée entre nature et culture que notre science est devenue si efficace et si conquérante ; mais c’est à cause de cette même séparation que la nature, finalement traitée comme si elle était à notre seule disposition, s’est peu à peu abîmée. Oubliant qu’elle était poreuse, réactive, non infinie, nous l’avons marquée d’une empreinte irréversible, Les ivresses de l’hybris nous avaient conduits à nous croire « au-dessus de la nature ». Or, cette dernière nous rappelle aujourd’hui, de mille et une manières, que nous en sommes partie intégrante, que notre essence n’est pas si transcendante que ça. 

Au motif de notre mauvais usage du monde, certains font le choix de délaisser l’idée de rationalité si chère à l’esprit des Lumières. Mais ne serait-il pas plus judicieux de la refonder afin qu’elle ne puisse plus servir d’alibi à toutes sortes de dominations ?  

La question est alors : comment procéder ?

Avec Corine Pelluchon, philosophe et professeure à l'université Gustave-Eiffel, pour Les Lumières à l'âge du vivant (Seuil, 2021). 

Références

L'équipe

Etienne Klein
Production
Thierry Beauchamp
Collaboration
Delphine Lemer
Réalisation