Le philosophe Michael Foessel
Le philosophe Michael Foessel - Hannah Assouline
Le philosophe Michael Foessel - Hannah Assouline
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Croire au progrès, c’était accepter de sacrifier du présent personnel au nom d’une certaine idée du futur collectif. Mais pour qu’un tel sacrifice ait un sens, il faut un rattachement symbolique au monde et à son avenir. Est-ce qu’un tel rattachement fait aujourd’hui défaut ?

Avec
  • Michaël Foessel philosophe, spécialiste de la philosophie allemande et de la philosophie contemporaine, et professeur à l'école Polytechnique

L’idée de progrès était une idée doublement consolante. D’abord, parce qu’en étayant l’espoir d’une amélioration future de nos conditions de vie, en faisant miroiter loin sur la ligne du temps un monde plus désirable, elle rendait l’histoire humainement supportable. Ensuite, parce qu’elle donnait un sens aux sacrifices qu’elle imposait : au nom d’une certaine idée de l’avenir, le genre humain était sommé de travailler à un progrès dont l’individu ne ferait pas lui-même forcément l’expérience, mais dont ses descendants pourraient profiter. 

En somme, croire au progrès, c’était accepter de sacrifier du présent personnel au nom d’une certaine idée, crédible et désirable, du futur collectif. Mais pour qu’un tel sacrifice ait un sens, il faut un rattachement symbolique au monde et à son avenir. Est-ce parce qu’un tel rattachement fait aujourd’hui défaut que le mot progrès disparaît ou se recroqueville derrière le seul concept d’innovation, désormais à l’agenda de toutes les politiques de recherche ? D’où vient que l’avenir a pris la figure de l’ennemi et non plus celle de l’ami ?

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