"Pepper", un robot humanoïde qui renseigne les usagers de la SNCF. Mars 2016
"Pepper", un robot humanoïde qui renseigne les usagers de la SNCF. Mars 2016
"Pepper", un robot humanoïde qui renseigne les usagers de la SNCF. Mars 2016 ©AFP - LOIC VENANCE
"Pepper", un robot humanoïde qui renseigne les usagers de la SNCF. Mars 2016 ©AFP - LOIC VENANCE
"Pepper", un robot humanoïde qui renseigne les usagers de la SNCF. Mars 2016 ©AFP - LOIC VENANCE
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Résumé

Entretien avec Laurence Devillers, spécialiste des interactions hommes-machines

avec :

Laurence Devillers (Spécialiste des interactions homme-machine, professeure d'informatique à l'université Paris-Sorbonne, et chercheuse au (Limsi) du CNRS).

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Chères auditrices, chers auditeurs, comme moi, sans doute, vous êtes agacé chaque fois que vous recevez un Email par lequel il vous est demandé de prouver que vous n’êtes pas un robot : vous devez alors taper, pour montrer votre totale humanitude, un code composé de chiffres et de lettres qui figure dans le corps du message. Mais si ces tests existent, c’est justement parce que les robots envahissent notre monde, de plus en plus, changeant nos vies, jouant des rôles inédits ou autrefois joués par des humains.

Entre eux et nous, y aura-t-il concurrence ou complémentarité ? 

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Dans l’une de ses brèves de comptoir, Jean-Marie Gourio faisait dire à un personnage : « Il ne faut pas que le robot soit trop intelligent, sinon il voudra rien foutre ». Sans doute est-ce vrai, mais cela sous-entend que si les robots devenaient aussi intelligents que d’aucuns l’annoncent, ils se mettraient à vraiment travailler, peut-être nous remplaceraient, peut-être nous domineraient. Nous savons que l’intelligence dite « artificielle » « bat » l’intelligence humaine dans certains secteurs très spécifiques ou dans certaines activités très particulières, comme les jeux d’échecs ou de go. En d’autres termes, le silicium écrase parfois le neurone. Nous sommes donc des êtres imparfaits, du moins en certains domaines, et nous ne pouvons pas prétendre que nous ne le savons pas. Dès lors, pourrions-nous être tentés d’abandonner notre idéal d’autonomie et de nous confier à la perfection de machines qui pourraient nous relayer, qui pourraient choisir et décider à notre place ? 

Mais, de façon plus générale, qu’est-ce que les robots, surtout s’ils sont humanoïdes, nous disent de nous-mêmes, de notre intelligence, de nos émotions, de notre rapport aux autres, de notre humanité ? Un « devenir-robot » de l’humain est-il en cours ? Ou bien n’assistons-nous qu’à un modeste « devenir-humain » des robots ?

Invitée : Laurence Devillers, professeure d’informatique à l’université Paris-Sorbonne et chercheuse au Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur (Limsi) du CNRS, auteur de « Des robots et des hommes » (éditions Quae, 2017).

Choix musicaux de Laurence Devillers

  • Miles Davis, Ascenseur pour l'échafaud 
  • George Gershwin, Rhapsody in Blue
Références

L'équipe

Etienne Klein
Production
François Caunac
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration