"Mithridate" (© Jean-Louis Fernandez) et "Actéon" (© DR)
"Mithridate" (© Jean-Louis Fernandez) et "Actéon" (© DR)
"Mithridate" (© Jean-Louis Fernandez) et "Actéon" (© DR)
"Mithridate" (© Jean-Louis Fernandez) et "Actéon" (© DR)
"Mithridate" (© Jean-Louis Fernandez) et "Actéon" (© DR)
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Résumé

Au sommaire, figures mythiques pour formes inédites.

avec :

Charles Arden (Musicologue, Directeur des contenus d'Ôlyrix), Lucile Commeaux (Productrice de La Critique), Philippe Chevilley (Chef du service culture des Echos).

En savoir plus

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute.

Au sommaire de La Critique cette semaine : Actéon de Marc-Antoine Charpentier mis en scène par Benjamin Lazar et dirigé par Geoffroy Jourdain, à voir sur arte concert (réalisation Corentin Leconte, production Théâtre du Châtelet) et Mithridate de Racine mis en scène par Eric Vigner, à voir sur France TV (réalisation Stéphane Pinot, production Théâtre National de Strasbourg).

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Nos critiques du jour : Philippe Chevilley, chef du service culture aux Echos, et Charles Arden, musicologue et journaliste pour Ôlyrix.

"Actéon" de Marc-Antoine Charpentier mis en scène par Benjamin Lazar et dirigé par Geoffroy Jourdain

Présentation : Vers 1684, le compositeur Marc-Antoine Charpentier s’inspire du célèbre mythe antique pour écrire un "opéra de chasse" baroque mettant en scène un chasseur, Actéon, qui surprend au bain la déesse Diane et ses compagnes tandis qu’elles se croyaient à l’abri de tout regard indiscret. Lorsqu’elle s’en aperçoit, Diane, furieuse, punit Actéon en le transformant en cerf. Le pauvre chasseur finit ainsi dévoré par ses propres chiens.

"Actéon" de Marc-Antoine Charpentier mis en scène par Benjamin Lazar
"Actéon" de Marc-Antoine Charpentier mis en scène par Benjamin Lazar
- © DR

Déjà au XVIIè siècle, l’œuvre de Charpentier est remarquée pour son originalité et sa fulgurance : d’un format très court, l’opéra semble dérouler une intrigue “en temps réel”, qui marque le spectateur en le faisant passer d’un divertissement insouciant à une tragédie effrayante en un temps record. 

Benjamin Lazar et Corentin Leconte plongent le spectateur au cœur de la pièce à travers un long plan séquence tourné en direct. 

"Actéon" de Marc-Antoine Charpentier mis en scène par Benjamin Lazar
"Actéon" de Marc-Antoine Charpentier mis en scène par Benjamin Lazar
- © DR

Extraits

C'est une façon magique, pour qui ne la connait pas, d'entrer dans l'œuvre de Marc-Antoine Charpentier. La musique est belle et c'est merveilleusement mis en scène. [...] Les mouvements de caméra font quelque chose à la façon qu'on a d'entendre la musique. Il y a  la sensation du direct, du temps réel.  Philippe Chevilley

Le dispositif est fascinant. "Actéon" raconte l'histoire d'un chasseur qui voit ce qu'il n'aurait pas dû voir et ce long plan-séquence nous permet à nous, spectateurs, de pénétrer le théâtre pour y voir ce que nous ne pouvons plus voir dans le contexte actuel.[...] J'ai été fasciné, envouté, aussi, par la manière dont les micros rendent une spatialisation, un jeu de timbres et un échange d'une richesse saisissante entre les différentes lignes vocales et instrumentales. Les ingénieurs du son font des miracles. Charles Arden

"Mithridate" de Jean Racine, mis en scène par Eric Vigner

Présentation : Quand Jean Racine écrit cette pièce en 1672, il s'inspire de la vie de Mithridate VI, qui régna jusqu'en 63 av. J.-C. sur le royaume du Pont - l'actuelle Turquie, la Crimée et de nombreuses régions au bord de la mer Noire - et reste célèbre pour avoir résisté à l'expansionnisme romain, mais aussi pour avoir accoutumé son corps à résister aux poisons : la mithridatisation. 

Racine situe l'action au dernier jour de sa vie : alors que Mithridate est déclaré mort, ses deux fils se disputent son royaume et la reine. Mais le retour du roi va tout bousculer. 

Le metteur en scène Éric Vigner voit dans cette oeuvre crépusculaire le dernier sursaut d'un homme hanté par sa disparition et celle du monde hellénistique, dont il est le dernier rempart. À l'heure de notre mort, quel regard porte-t-on sur notre vie, qu'avons-nous transmis ?

"Mithridate" mis en scène par Eric Vigner
"Mithridate" mis en scène par Eric Vigner
- Compagnie des Indes

Extraits :

Eric Vigner est un plasticien. Ses jeux de lumière, les accessoires placés comme des reliques dans la nuit du théâtre, le rideau de perles qu'on a déjà pu voir dans d'autres de ses scénographies, tout cela fonctionne très bien avec la caméra. [...] "Mithidate" est une pièce très intéressante menée par Eric Vigner comme un opéra funèbre. [...] Bien qu'il faille, comme toujours, s'y acclimater, on entend très bien la langue de Racine. Philippe Chevilley

Le plateau est jonché d'œuvres d'arts, d'œuvres plastiques, quelque chose de très visuel. Vigner s'inspire aussi beaucoup de la façon dont Duras lisait et analysait Racine, qui disait que c'est un théâtre très lu et très parlé. Cela donne un "spectacle radiophonico-scénographique", c'est tout à fait fascinant. [...] Dommage que les acteurs fassent autant de mal au vers racinien. Charles Arden

Egalement au sommaire de La Critique : 

Le coup de coeur de Charles Arden pour Hémon, l'opéra juste créé de Zad Moultaka à écouter sur le site de France Musique

Le compositeur Zad Moultaka pendant une répétition de son opéra à l'Opéra national du Rhin
Le compositeur Zad Moultaka pendant une répétition de son opéra à l'Opéra national du Rhin
- Klara Beck

Ecoutez la première partie de La Critique du 26 mars 2021 :

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À réécouter : Éric Vigner : "Je pense en terme de sensations, de sentiments et de couleurs"