Couvertures : "Paris Fantasme" de Lydia Flem et "Le Silence" de Don Delillo
Couvertures : "Paris Fantasme" de Lydia Flem et "Le Silence" de Don Delillo - Seuil // Actes Sud
Couvertures : "Paris Fantasme" de Lydia Flem et "Le Silence" de Don Delillo - Seuil // Actes Sud
Couvertures : "Paris Fantasme" de Lydia Flem et "Le Silence" de Don Delillo - Seuil // Actes Sud
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Pour cette première partie d’émission consacrée à l’actualité littéraire, nos critiques ont lu « Paris Fantasme » de Lydia Flem (Seuil) et « Le Silence » de Don DeLillo (Actes Sud). Découvrez leurs avis…

Avec

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute. 

Sous les feux de la critique cette semaine, deux romans : "Paris Fantasme" de Lydia Flem (Seuil) et "Le Silence" de Don DeLillo (Actes Sud)

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Pour en parler aux côtés de Lucile Commeaux : Elisabeth Philippe, journaliste et critique littéraire à L'Obs et Marie Sorbier, rédactrice en chef de I/O Gazette et productrice à France Culture

📖  -  "Paris Fantasme" de Lydia Flem

Couverture de "Paris Fantasme" de Lydia Flem
Couverture de "Paris Fantasme" de Lydia Flem
- Editions Seuil

Quatrième de couverture : "Fascinée par une ruelle, née il y a cinq cents ans entre la place Saint-Sulpice et le jardin du Luxembourg, j’ai cherché à découvrir celles et ceux qui y ont vécu de siècle en siècle, de numéro en numéro, d’étage en étage, depuis 1518. La rue Férou est devenue le lieu d’une question existentielle : qu’est-ce qui donne le sentiment d’être chez soi quelque part ? D’habiter tout à la fois son corps, sa maison et le monde ?
Je me suis glissée dans la peau d’un photographe du xixe siècle et d’une comédienne de la Comédie-Française au xviiie, j’ai accompagné Man Ray dans son atelier, Mme de La Fayette dans sa maison d’enfance ou des religieuses dans leur couvent. Comme une psychanalyste prête à tout entendre, à tout écouter, sans choisir ni trier, j’ai ouvert ma porte aux voix du passé.
Sous la rue Férou, j’ai découvert ma rue Férou, hantée par le cortège de celles et ceux qui n’ont pas d’autres traces pour dire leur passage sur cette terre que des listes de noms.
Singulière ruelle qui s’absente à ses deux bouts. Ses pierres recèlent des trésors d’histoires, de légendes, de questions sans réponses et de réponses sans questions.
Une rue, dix maisons, cent romans.
Paris Fantasme." Lydia Flem

L'avis des critiques :

Cette petite rue est un monde dans lequel on prend plaisir absolu. On prend plaisir à habiter aussi ce livre d'une hospitalité extrêmement belle. C'est un livre très accueillant dans lequel on a envie de s'installer, dans lequel on a envie de se blottir parce qu’il a beaucoup à nous offrir. Il fait partie de ces livres qui synthétisent une somme de connaissances sans que ce soit écrasant. Il y a aussi beaucoup d’humour dans cette balade dans l’espace et le temps. Elisabeth Philippe

J'ai beaucoup de tendresse pour le livre de cet auteur que je ne connaissais pas et que j'ai eu l'impression de découvrir comme on découvre une amie ou quelqu’un qu’on a envie connaître. C’est un livre poupées russes et toutes ses strates donnent du goût à ce roman. Il a le goût des souvenirs, parfois amères, parfois incomplets, mais aussi le goût du retour sur soi. Les interrogations que Lydia Flem soulèvent sont à la fois très simples et en même temps fondamentales. La question du chez soi est retranscrite de façon très personnelle et intime. Lydia Flem parle vraiment d'elle. Cette délicatesse, cette élégance et cette pudeur font qu’on ne se sent pas du tout à l’écart ou à distance, et qu’au contraire on se sent accueilli et on a envie de rester entre les pages de se livre. Marie Sorbier

  • Plus d’informations : "Paris Fantasme" de Lydia Flem // Editions Seuil 
  • Lydia Flem est l'auteur d'une douzaine de livres traduits en une vingtaine de langues. Membre de l'Académie royale de Belgique, elle est également psychanalyste et photographe. Elle a notamment publié, Comment j’ai vidé la maison de mes parents, Lettres d’amour en héritage, Comment je me suis séparée de ma fille et de mon quasi-fils et La Reine Alice.
La Grande table culture
26 min

📖  -  "Le Silence" de Don DeLillo

Couverture : "Le Silence" de Don DeLillo
Couverture : "Le Silence" de Don DeLillo
- Actes Sud

Quatrième de couverture : Paru un dimanche soir de 2022, cinq amis ont prévu de se réunir pour regarder le «Super Bowl». Soudain l’écran de télé devient noir et toutes les connexions numériques se coupent. Une catastrophe semble avoir frappé le monde autour d’eux. Alors, dans le huis clos de l’appartement de Manhattan, les mots se mettent à tourner à vide.
La vie s’échappe, mais où ?
Et le silence s’installe. Jusqu’à quand ?

L'avis des critiques : 

Ce petit livre est un condensé d'angoisse qui m’a fait penser au monolithique dans « 2001 l'odyssée de l'espace » de Kubrick. C’est un petit livre noir, compact qui condense et cristallise absolument toutes les peurs de l'époque. On dit très souvent que Don DeLillo a les qualités d'un prophète ou d'un oracle. Ses livres s'avèrent souvent préséants et celui-ci ne fait pas exception. C'est un livre abyssal dans ce qu'il provoque à la lecture. C'est assez rare de ressentir ça. Il y a là quelque chose de presque physique. Le plus fou et le plus fascinant c'est l'économie de moyens magistrale de l’auteur, le livre fait 100 pages, même la phrase est minimale, les dialogues presque beckettiens et, avec si peu d'éléments, si peu de moyens, DeLillo parvient à nous faire prendre conscience d'une angoisse métaphysique qui nous étreint de façon spectaculaire. La question du langage qui est au coeur même du livre est traitée avec une maestria hallucinante. Elisabeth Philippe

J'ai eu la sensation, finalement, d'être moi même, dans la deuxième partie du livre, devant un écran qui me déversait par bribes, par fragments des tentatives de communication et que finalement, devant l'incohérence de la langue ou la déliquescence de la pensée ou l'ennui, parfois, je me retrouvais à zapper, c'est à dire à tourner les pages. C'est une sensation assez vertigineuse de se retrouver soi même un peu dans la position du personnage.  J'ai trouvé cela assez fort. Le bémol : j'ai quand même trouvé, par moments, que le propos était un peu daté. Marie Sorbier

  • Plus d’informations  : "Le Silence" de Don DeLillo // Editions Actes Sud 
  • Don DeLillo s'est aujourd'hui imposé comme un auteur culte sur le plan international. Il est l’auteur de dix-sept romans parmi lesquels Bruit de fond, Libra, Outremonde, L’Homme qui tombe, Zero K, Le Silence, et de quatre pièces de théâtre. Il a obtenu les distinctions littéraires les plus prestigieuses dont The National Book Award, The PEN/Faulkner Award et The Jerusalem Prize pour l'ensemble de son œuvre, ainsi que la William Dean Howells Medal de l’Académie américaine des arts et des lettres. Son recueil de nouvelles L’Ange Esmeralda a été finaliste du Story Prize et du PEN/Faulkner Award. En 2013, Don DeLillo a reçu le Library of Congress Prize for American Fiction et en 2015 la National Book Foundation lui a décerné la Medal for Distinguished Contribution to American Letters.
Le Temps des écrivains
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