Les enfants sont rois de Delphine de Vigan + portrait Delphine de Vigan // Soeurs de Daison Johnson + Portrait Daisy Johnson
Les enfants sont rois de Delphine de Vigan + portrait Delphine de Vigan // Soeurs de Daison Johnson + Portrait Daisy Johnson
Les enfants sont rois de Delphine de Vigan + portrait Delphine de Vigan // Soeurs de Daison Johnson + Portrait Daisy Johnson - Gallimard - Francesca Montovani // Stock - DR
Les enfants sont rois de Delphine de Vigan + portrait Delphine de Vigan // Soeurs de Daison Johnson + Portrait Daisy Johnson - Gallimard - Francesca Montovani // Stock - DR
Les enfants sont rois de Delphine de Vigan + portrait Delphine de Vigan // Soeurs de Daison Johnson + Portrait Daisy Johnson - Gallimard - Francesca Montovani // Stock - DR
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Résumé

Pour cette première partie d'émission consacrée à la littérature, nos critiques ont lu "Les enfants sont rois" de Delphine de Vigan et "Sœurs" de Daisy Johnson. Découvrez leurs avis...

avec :

Elisabeth Philippe (Critique littéraire (L'Obs)), Philippe Chevilley (Chef du service culture des Echos).

En savoir plus

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute.

Sous les feux de la critique cette semaine, deux romans.  « Les enfants sont rois » de Delphine de Vigan (Gallimard), une plongée glaçante dans un monde où tout s’expose et se vend, jusqu’au bonheur familial et « Sœurs » de Daisy Johnson (Stock), une exploration de la fureur adolescente.

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Pour en parler aux côtés de Lucile Commeaux : Elisabeth Philippe, journaliste et critique littéraire à L’Obs, Philippe Chevilley, chef du service culture aux Echos

📖   -  « Sœurs » de Daisy Johnson

Couverture de "Soeurs" de Daisy Johnson
Couverture de "Soeurs" de Daisy Johnson
- Editions Stock

Présentation de l'éditeur : Juillet a une sœur de dix mois son aînée, Septembre. Elles sont inséparables. Mais Septembre peut se montrer terrifiante. Elle pousse Juillet à faire des choses qu’elle ne veut pas. Et, comme hypnotisée par le regard noir de sa sœur, Juillet obéit.  Depuis « l’incident », tout a changé. Elles ont dû déménager loin d’Oxford avec leur mère Sheela, écrivaine pour enfants, dans une vieille maison au bord de la mer, qui, si l’on tend bien l’oreille, semble animée d’une vie propre. Le sommeil y est impossible et les rêves sans fin. L’atmosphère devient brumeuse et étouffante pour Juillet. Tandis que les deux adolescentes font leurs premiers pas dans le monde du désir et de la sexualité, un vent de violence se lève.  À mesure que le lecteur remonte le fil jusqu’à ce fameux incident, l’auteure fait germer une cruelle pensée dans la tête du lecteur : et si Juillet n’obéissait finalement qu’à elle-même ?  Daisy Johnson nous plonge dans un univers gothique, âpre et ardent où explose la fureur de l’adolescence.

L'avis des critiques :  (extraits)

J'ai beaucoup aimé ce livre. J’ai été séduite par le lyrisme noir un peu marécageux qui s'en dégage. Les deux sœurs qui sont très rapprochées forment une sorte de créature chimérique, presque bicéphale. Elles peuvent également rappeler les fameuses sœurs terrifiantes du film de Stanley Kubrick. Il y a quelque chose de malsain, de presque cruel entre-elles. C'est un roman qu'on peut qualifier de néo-gothique parce qu'il en reprend vraiment tous les codes. Toute cette ambiance très bien posée par Daisy Johnson est servie par son écriture, un lyrisme noir, ténu, qui n’est pas grandiloquent. Il y a vraiment dans ce livre un très bel équilibre, très bien rendu notamment par la traduction de Laetitia Devaux. Tout cela participe du charme vénéneux et inquiétant de ce roman hybride placé sous le signe du double et du trouble. Elisabeth Philippe

Daisy Johnson convoque les fantômes de la littérature anglaise pour les plonger dans une sorte de bain d'acide du 21ème. Ca me fait un peu penser à Rebecca Daphné du Maurier, mais en même temps, la façon dont elle décrit les affres de l’adolescence, l'éveil de la sexualité et la sororité bizarre ou malfaisante qui unit ses deux sœurs et a quelque chose de très moderne. J'ai été très conquis par ce livre un peu terrifiant. Philippe Chevilley

À réécouter : Daisy Johnson : "Plus on écrit, plus on mue et on laisse des peaux de langues derrière soi"

📖   -  « Les enfants sont rois » de Delphine de Vigan, "une fable sur notre monde moderne obsédé par l'image"

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Présentation de l'éditeur : « La première fois que Mélanie Claux et Clara Roussel se rencontrèrent, Mélanie s’étonna de l’autorité qui émanait d’une femme aussi petite et Clara remarqua les ongles de Mélanie, leur vernis rose à paillettes qui luisait dans l’obscurité. “ On dirait une enfant ”, pensa la première, “elle ressemble à une poupée”, songea la seconde.
Même dans les drames les plus terribles, les apparences ont leur mot à dire. »
À travers l’histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois explore les dérives d’une époque où l’on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s’expose et se vend, jusqu’au bonheur familial.

L'avis des critiques :  (extraits)

Ce livre donne lieu à un polar plutôt bien mené, documenté, lucide et sans surplomb par rapport à un objet qu'on pourrait qualifier, en apparence, d'objet impur pour la littérature puisqu’il traite d’internet, de YouTube, de la téléréalité et de ses avatars. On voit que Delphine de Vigan a fait un effort très important de documentation et d'immersion qui lui permet d’éviter magistralement l'écueil qui, souvent en littérature, consiste à parler d'Internet sans y comprendre grand-chose. C'est une des forces de ce roman, au suspens bien maîtrisé de bout en bout, qui se lit vraiment comme un bon polar. La lecture est intéressante à ce titre et la finesse d'observation de Delphine de Vigan nous permet une immersion dans ce monde, à la fois surexposé mais qui demeure obscur, des réseaux sociaux. Elisabeth Philippe

J'ai apprécié ce roman qui allie quatre genres. C'est au départ un thriller assez efficace et réussi. Il y a aussi un côté roman d’anticipation puisque l’ouvrage commence en 2001, au moment du Loft et se termine en 2030. Cette partie anticipation, qui a vocation à nous expliquer pas mal de choses, est bien menée et crédible, et en même temps, c'est une fable sur notre monde moderne, obsédé par l'image, par la téléréalité, et par les réseaux sociaux. Et enfin, il est aussi question de la famille et de l’exposition des enfants. C'est un roman efficace juste dans chacune de ses parties__. Ca me fait penser à ces romans américains bien faits, qui prennent un sujet à bras le corps, dans l'air du temps et qui le mène jusqu'au bout et qui le mène bien. Il manque peut-être juste un tout petit peu de folie ou de littérature dans le livre, mais je l’ai pris beaucoup de plaisir à lire et ça m'a fait réfléchir. Philippe Chevilley

À réécouter : Delphine de Vigan tisse sa toile