Monolithe de Coatlicue (Musée National d'Anthropologie et d'Histoire de Mexico), vu de face.
Monolithe de Coatlicue (Musée National d'Anthropologie et d'Histoire de Mexico), vu de face. - El Comandante
Monolithe de Coatlicue (Musée National d'Anthropologie et d'Histoire de Mexico), vu de face. - El Comandante
Monolithe de Coatlicue (Musée National d'Anthropologie et d'Histoire de Mexico), vu de face. - El Comandante
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Que nous raconte la singulière histoire de Coatlicue, "Celle qui porte une jupe de serpents", sculpture monolithique aztèque qui fut plusieurs fois exhumée et enterrée avant d'être exposée au Musée d’archéologie de Mexico ?

Avec

Au mois d’août 1790 alors que d’importants travaux de nivellement avaient lieu sur la place d’armes du Palais du vice-roi de Mexico, trois œuvres aztèques exceptionnelles, d’une ampleur considérable, furent découvertes : la pierre du soleil, la pierre de Tizoc – deux grands blocs associés aux sacrifices humains – ainsi que l’extraordinaire statue de Coatlicue, un monolithe sculpté de 24 tonnes, de trois mètres de hauteur et 1,50 d’épaisseur qui connut un destin étrange. Coatlicue, ce nom peu familier désignerait dans la langue Nahuatl des Aztèques "celle qui porte une jupe de serpents". On l’appelle aussi "mère des dieux", "Déesse de la vie, de la mort et de la renaissance" ou "Mère des étoiles du sud". La sculpture découverte par l'astronome Antonio de León y Gama en 1790 la représente sous son aspect le plus farouche : elle est décapitée et de son cou jaillissent deux serpents corail symbolisant le sang qui coule.

Vêtue de sa fameuse jupe de serpents entrelacés, la divinité porte un collier de mains coupées et de cœurs humains avec un grand pendentif en forme de crâne. Ses mains et ses pieds sont pourvus d’impressionnantes griffes dont elle se sert pour étriper les cadavres avant de les dévorer. Ne serait-ce pas la raison pour laquelle elle fut remise en terre après avoir été examinée et dessinée ? Sa simple vue n'offensait-elle pas l’idée même de la beauté ? De nouveau exhumée pour satisfaire la curiosité du grand voyageur Alexander von Humboldt en 1804, elle fut une de fois de plus enfouie après sa visite. Déterrée des années plus tard, en 1821, elle est aujourd’hui exposée dans la salle mexica du musée national d’anthropologie de Mexico dont elle est l’un des plus stupéfiants chefs d’œuvre...

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Avec  Dominique Michelet, directeur de recherche honoraire au CNRS, chercheur associé au laboratoire "Archéologie des Amériques", membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et Guilhem Olivier, enseignant chercheur à l'Institut de recherches historiques (IIH) de l'Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM).

  • Textes lus par Nathalie Kanoui

Chargée de recherche : Maurine Roy

La série Les oeuvres d'art qui ont changé le monde est proposée en partenariat avec Beaux Arts Magazine