Louis-Ferdinand Céline en septembre 1951 ©Getty - Keystone-France
Louis-Ferdinand Céline en septembre 1951 ©Getty - Keystone-France
Louis-Ferdinand Céline en septembre 1951 ©Getty - Keystone-France
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Résumé

Nous poursuivons notre voyage parmi les romans qui ont changé le monde, en octobre 1932, moment de la publication du "Voyage au bout de la nuit", pavé dans la mare de la littérature française de l’époque signé Louis-Ferdinand Céline. Un roman de l'inattendu...

avec :

Yves Pagès (écrivain et éditeur), Pauline Hachette (Chercheuse), Alexandre Civico (écrivain).

En savoir plus

Voyage à travers la ou les misères, misère de la guerre, misère de la colonisation, misère spirituelle et sociale du Paris des années 20, le Voyage au bout de la nuit invente une langue inouïe, celle de son narrateur Ferdinand Bardamu, une langue de vertes et de pas mûres, émaillée d’aphorismes, une langue de l’émotion, une forme de réalisme linguistique imaginaire qui fait qu’encore aujourd’hui, près d’un siècle plus tard, le Voyage au bout de la nuit continue de nous ensorceler à tel point que le récit de Bardamu, de la place Clichy à Paris en 1914 jusqu’au bord d’un canal de banlieue bien des années après est devenu un des phares de la littérature française du XXe siècle -un phare peut-être obscur, une lumière sans doute désespérée- mais néanmoins féconde.

Pour en parler aujourd'hui

Mathias Enard reçoit

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Le roman de l'inattendu

Voyage au bout de la nuit a fait rentrer l'oralité populaire dans la culture écrite. Yves Pagès précise la rythmique de cette écriture si particulière "syntaxiquement, Louis-Ferdinand Céline a bouleversé la langue d'une manière qui continue à nous parler et à faire cette alchimie invraisemblable". Pauline Hachette parle d'une écriture de la rupture c'est-à-dire "dans un ensemble de voix, de polyphonie et de contradictions". Yves Pagès décrit Céline comme un moraliste qui va travailler les contradictions profondes de l'être humain. Alexandre Civico revient sur cette scène d'ouverture : "en effet, il y a une contradiction totale et complète dans le fait que Bardamu dise et fasse exactement l'inverse. Et pour autant, dans ces conversations de café -qui ne sont pas toujours absolument cohérentes- rien ne me choque dans le fait que Bardamu dise une chose et fasse absolument le contraire. Justement, dans cette langue et cette profusion, son engagement ne me paraît pas absolument délirant". Dans cet univers qui valorise l'héroïsme, Louis-Ferdinand Céline fait l'éloge de la lâcheté.

Extrait

"Ca a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. C'est Arthur Ganate qui m'a fait parler. Arthur, un étudiant, un carabin lui aussi, un camarade. On se rencontre donc place Clichy. C'était après le déjeuner. Il veut me parler. Je l'écoute. 'Restons pas dehors ! Qu'il me dit. Rentrons !' Je rentre avec lui. Voilà."

Bibliographie

Générique

Archives diffusées

  • Guy Mazeline auteur du roman Les Loups, prix Goncourt en 1932, entretien datant de 1968.
  • Voix de Louis-Ferdinand Céline évoquant le style

Musiques

  • J'ai le cafard par la chanteuse Fréhel, enregistrement de 1928
  • Règlement de Louis-Ferdinand Céline

Lecture par Delphine Cogniard

42 min
Références

L'équipe

Mathias Enard
Mathias Enard
Mathias Énard
Production
Agnès Cathou
Réalisation
Aurélie Marsset
Collaboration