L'Avare, de Molière, Harpagon, 1868. Illustration
L'Avare, de Molière, Harpagon, 1868. Illustration
L'Avare, de Molière, Harpagon, 1868. Illustration ©Getty - Artiste inconnu
L'Avare, de Molière, Harpagon, 1868. Illustration ©Getty - Artiste inconnu
L'Avare, de Molière, Harpagon, 1868. Illustration ©Getty - Artiste inconnu
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Résumé

Parviendrez-vous à réaliser un sans faute ? Chacun est invité à prendre son stylo pour participer à cette expérience collective. Aujourd'hui, c'est le comédien, Michel Boujenah, qui se prête au jeu de la dictée.

avec :

Michel Boujenah (Acteur, réalisateur, humoriste).

En savoir plus

Réviser ses classiques tout en s’amusant. Tester et améliorer son orthographe sans être noté. Nous vous proposons une dictée et sa correction, à faire seul ou en famille, muni d’un papier et d’un crayon, en compagnie aujourd’hui, du comédien, Michel Boujenah, qui joue L'Avare, de Molière, au Théâtre des Variétés, à Paris, jusqu'en mai 2022, dans une mise en scène de Daniel Benoin.

La dictée du jour est enregistrée en public au 104 de la Maison de la Radio, à l'occasion de la 27e édition de la Semaine de la langue française et de la Francophonie, dont le parrain est Michel Boujenah. Avec nous également, le linguiste, Bernard Cerquiglini, à la fois l’auteur du texte et le correcteur de la dictée : Président du Conseil scientifique du Dictionnaire des francophones auquel le texte fait référence, Il a réécrit aux couleurs du 21e siècle et de la francophonie, la célèbre tirade "Mon Argent ! " de L’avare… Monologue d’Harpagon découvrant qu’il vient de se faire voler son argent, son cher argent, sa cassette…

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Une dictée à suivre maintenant sur l’antenne de France culture, enregistrée lundi 14 mars 2022, en public. Une dictée à réécouter plus tard si vous le souhaitez sur le fil de vos podcasts.

Studio 104, Radio-France. Enregistrement de la Grande dictée de France-Culture avec Michel Boujenah
Studio 104, Radio-France. Enregistrement de la Grande dictée de France-Culture avec Michel Boujenah
© Radio France - Corinne Amar

Dictée

(Harpagon francophone)

"Au voleur ! Au voleur ! A l’assassineur ! Justice, cibole ! Par la ceinture de mon père, je suis tout paf, on m’a joué un pied de cochon.  On m’a coupé le gosier : on m’a volé mon flouss, mort je suis. C’est qui qui me l’a pris ? Où qu’il est ? Où qu’il se muche ? Comment je vais le trouver ? Où garrocher ? Où s’encourir ? N’est-il point là ? Y es-tu pas icitte ? Arrête voir ! (A lui-même, se pognant par le bras)

Erdonne-moi mon argent, maudit crotté. Ah ! c’est moi, je deviens sot. Je sais plus où chus, qui chus, et ce que je fais, ma parole. Hélas, mon gros l’argent ! Mon dalon, ils m’ont coupé de toi : c’est le mektoub. Et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon poteau, mon réconfort, ma joie. Mon chien est mort, je tourne à rien, et n’ai plus qu’à bâcher. Sans toi, c’est le dernier de tout, je suis à la moule, loin du bal. Je vas mourir, chus éteint, six pieds sous terre. Ya tu pas quelqu’un qui voudrait me faire revivre, en me rendant ma thune, ou en m’apprenant qui l’a prise ? "

Olivia Gesbert, Rachid Santaki, Bernard Cerquiglini, Michel Boujenah au Studio 104 de Radio-France
Olivia Gesbert, Rachid Santaki, Bernard Cerquiglini, Michel Boujenah au Studio 104 de Radio-France
© Radio France - Corinne Amar

Monologue d’Harpagon dans L’Avare de Molière (Acte IV, scène 7) – La cassette

Harpagonseul, criant au voleur dès le jardin, et venant sans chapeau.

"Au voleur ! Au voleur ! A l’assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné ; on m’a coupé la gorge : on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? n’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. (À lui-même, se prenant par le bras.)

Rends-moi mon argent, coquin… Ah ! c’est moi ! Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! mon pauvre argent ! mon pauvre argent ! mon cher ami ! on m’a privé de toi ; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde. Sans toi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait ; je n’en puis plus ; je me meurs ; je suis mort ; je suis enterré. N’y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris."