"Hollywood" de Ryan Murphy et Ian Brennan - © Saeed Adyani/Netflix
"Hollywood" de Ryan Murphy et Ian Brennan - © Saeed Adyani/Netflix
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Résumé

Lucile Commeaux, productrice adjointe de La Dispute, Mathilde Wagman, productrice déléguée des Nuits de France Culture, et Antoine Guillot, producteur de Plan Large et critique de La Dispute, débattent autour de la série "Hollywood" de Ryan Murphy et Ian Brennan disponible sur Netflix.

En savoir plus

Lucile Commeaux, productrice adjointe de La Dispute, invite deux critiques pour discuter l'actualité culturelle dans une émission au format poche "faite maison". Au programme : cinéma, spectacle, série, opéra, bande-dessinée, etc... le tout accessible en ligne depuis chez soi. En quinze minutes : un sujet et un débat, pour une Dispute maison.

Aujourd'hui à notre sommaire, Hollywood, la nouvelle série du prolifique Ryan Murphy et de Ian Brennan disponible sur Netflix

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Ryan Murphy, showrunner d'American Horror Story ou plus récemment de Feud ou de The Politician, livre, avec Hollywood, sept épisodes construits autour d'une poignée de personnages campés dans le Los Angeles des années 1940. Ils et elles sont jeunes et beaux. Ils et elles sont homos, hétéros, noirs, métisses, blancs, sans le sou ou riche héritier, et prêts à tout pour intégrer les rouages impitoyables du studio Ace, le plus puissant de la ville. 

"Et si vous pouviez réécrire l'histoire ?"

Ce slogan, inscrit sur les affiches promotionnelles de la série, résume le projet de Ryan Murphy qui invente, dans le système des grands studios américains de l'immédiat après-guerre, un biais tolérant et inclusif. 

Antoine Guillot "La série parle moins de l'Hollywood de l'époque que de celui d'aujourd'hui. Les personnages voudraient pouvoir affirmer leurs identités et pouvoir en faire du cinéma. La série est très séduisante, par exemple quand elle semble recréer le Hollywood de l'époque avec plein de détails. Mais elle pose problème politiquement, notamment sur le rôle de l'individu dans l'évolution de l'histoire."

Mathilde Wagman "Le politiquement correct de la série est vraiment problématique. Il y a un côté "catalogue" dans la volonté de traiter la situation de toutes les minorités ou presque dans le Hollywood des années 40 qui est complètement contreproductif. Quelques scènes incarnent les choses de manière assez intéressante, mais les fils narratifs sont très vite abandonnés, et les choses sont finalement survolées." 

Lucile Commeaux "Je suis très partagée. La seule interprétation intéressante que l'on puisse faire de la série selon moi est l'interprétation platement cynique : on essaye de renverser la machine avec les instruments mêmes de la machine, à un niveau de cynisme absolu. Je trouve la fin très violente, de ce point de vue."

Question de style

Mathilde Wagman "Il y a un problème de style et d'ambition. Ca regarde parfois du côté de la comédie - sans être franchement drôle, puis ça joue avec les codes du mélo - mais les intrigues sentimentales sont beaucoup trop faibles pour que ça fonctionne. J'ai l'impression que l'imaginaire de Ryan Murphy est beaucoup plus celui des comédies musicales de Broadway que celui du cinéma. Mais ici, il n'y a pas de numéros musicaux."

Lucile Commeaux "Dans le mélange des genres et dans le côté très lisse qui est parfois contrebalancé par des gros accès de références à des styles très tranchés comme le mélo, la comédie musicale, il y a quelque chose qui grince un peu et qui a retenu mon attention. C'est un objet moins lisse qu'il n'en a l'air dans un premier temps."

Antoine Guillot "La série manque d'une vision générale. On voudrait que ça aille soit dans une direction très noire, à la James Ellroy, soit dans une direction à la John Waters. Par exemple, quasiment tout un épisode est consacré à une fête chez Georges Cukor qui dégénère en bacchanale homosexuelle. Il aurait fallu pousser dans le côté exacerbé, flamboyant, mais Ryan Murphy hésite sans arrêt".

Seconds rôles et jeunes premiers

Mathilde Wagman "L'une des choses amusantes de la sériepour moi _c'es_t le personnage d'Henry Wilson, personnage historique, agent d'acteurs interprété par Jim Parsons, découvert dans la sitcom The Big Bang Theory. Il incarne là un agent cruel, abominable, méchant. Sa performance est très plaisante et très drôle. (...) Patti LuPone, une actrice star de Broadway qui joue Avis, la femme à la tête du studio, est également très plaisante (...) Malheureusement, il y a un énorme déséquilibre entre ces quelques personnages secondaires qui sont plaisants et l'ensemble des jeunes premiers qui sont vraiment sans intérêt."

Lucile Commeaux "Certains personnages réussissent à s'émanciper un peu des cases de représentativité dans lesquelles on pourrait les mettre. Notamment la directrice de casting un peu âgée, dont il est question beaucoup de la vie amoureuse, de la vie sexuelle, ce qui est suffisamment rare pour le souligner. Elle est jouée par Holland Taylor qui s'en sort très bien." 

Également disponible en ligne, à voir chez soi :

  • Mytho de Fabrice Gobert et Anne Berest avec Marina Hands et Mathieu Demy, "une série riche et captivante" disponible sur Netflix et en VOD sur Arte Boutique, Orange et Canal+. Lucile Commeaux, Iris Brey, Olivier Joyard et Arnaud Laporte en débattaient dans La Dispute du 11/10/2019

"Mytho" de Fabrice Gobert et Anne Berest (La Dispute du 11/10/2019)

15 min

58 min
26 min
59 min

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