"Je disparais" - Arne Lygre/Stéphane Braunsweig
"Je disparais" - Arne Lygre/Stéphane Braunsweig
"Je disparais" - Arne Lygre/Stéphane Braunsweig  - Elisabeth Carecchio
"Je disparais" - Arne Lygre/Stéphane Braunsweig - Elisabeth Carecchio
"Je disparais" - Arne Lygre/Stéphane Braunsweig - Elisabeth Carecchio
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Résumé

Avec cette mise en scène de “Je disparais” du dramaturge norvégien Arne Lygre, Stéphane Braunschweig nous pousse à nous interroger sur l’interdépendance de nos vies.

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Arnaud Laporte, producteur de La Dispute, et des Masterclasses invite deux critiques pour discuter de l'actualité culturelle dans une émission au format poche "faite maison". Au programme : cinéma, spectacle, série, opéra, bande-dessinée, etc... le tout accessible en ligne depuis chez soi. En quinze minutes : un sujet et un débat, pour une Dispute maison

A notre sommaire aujourd’hui : Je Disparais, un texte minimaliste et mystérieux du dramaturge norvégien Arne Lygre, mis en scène par Stéphane Braunschweig et disponible en ligne sur le site du Théâtre de l’Odéon (dans la rubrique Théâtre et Canapé). 

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"Je disparais" arpente plusieurs facettes d’un des thèmes de prédilection d’Arne Lygre :  les destins qui basculent. 

Les personnages de “Je disparais” avaient une identité sans avoir d’histoire ; d’un coup, leur vie bascule : ils ont une histoire, mais elle fait vaciller leur identité – elle perturbe leur position dans le monde. Stéphane Braunschweig 

Lorsque le rideau s'ouvre, une femme est seule sur scène, assise dans un fauteuil en cuir. Elle explique qu’elle ne sort jamais de chez elle. Mais pourtant, le sujet de la pièce va justement être l'obligation de sortir, l'obligation de partir. Pourquoi ? On ne le sait pas. Moi (Annie Mercier), va tout d'abord être rejointe par Mon amie (Luce Mouchel). Moi et Mon amie doivent quitter précipitamment leur pays. Pour parer à une mystérieuse menace, tout au long de leur fuite, Moi et Mon amie vont se raconter des histoires, s’inventer d’étranges jeux de rôles. Les répliques de ces 2 femmes vont finir par construire un monde autour d’elles … 

À quoi leur sert de se projeter dans d’autres vies ? S’agit-il pour elles de se réapproprier leur réalité ? De conjurer la disparition ? Dans la détresse, à quoi sert l’imaginaire ? C’est notamment parce qu’elle pose ces questions – de vie et de théâtre – que Stéphane Braunschweig a choisi de mettre en scène cette pièce. 

Entre malaise et vertige existentiel 

Parfois je sors du texte, je ne l’entend plus, et en même temps, j'apprécie la forme de rêverie que cela permet. Arnaud Laporte 

Marie Richeux. "Je ne peux pas dire que j'ai passé un bon moment mais ce spectacle m’a fait quelque chose, m’a poussée à réfléchir, notamment à cette grande question qui est développée de l'interdépendance de nos existences. J'ai tout de suite pensé à un film qui s'appelle Le joli mai de Chris Marker et Pierre Lhomme, qui se termine par un très beau texte qui se demande, en gros : est-ce que c'est possible d'être heureux quand d'autres sont dans le malheur ? Est-ce que c'est possible de se sentir libre quand d'autres sont emprisonnés ? J'ai l'impression que le texte d'Arne Lygre se pose ces questions là. Est-ce que c'est possible de bien vivre alors que d'autres sont au cœur de la catastrophe ? Mais je trouve que ça n'opère pas complètement." 

Lucile Commeaux. "C'est un objet assez fascinant dont je trouve la mise en scène très réussie. Plastiquement, c'est très beau, j’ai eu plus de difficultés à entendre le texte. (…) Pour moi, il y a quelque chose qui cherche à faire contemporain à tout prix en utilisant plus des références d'un théâtre moderne. J'ai beaucoup pensé à Beckett et je trouve qu'il n'est pas facile d'utiliser cette référence là aujourd'hui sur une scène de théâtre contemporain."  

Arnaud Laporte.  "Arne Lygre est un auteur sur lequel j'ai toujours des réserves mais qui m'intéresse quand même toujours. Je n’adhère pas vraiment à son écriture. Pour moi, elle est d'ailleurs beaucoup plus du côté de Thomas Bernhard, Marguerite Duras, musicalement ça a quelque chose de cet ordre là. Le problème, c'est qu'Arne Lygre n'en a pas le génie." 

Quand le théâtre se cogne à l’écran

Lucile Commeaux. "C’est un spectacle très difficile à voir en captation parce que sa qualité, et probablement son succès à l'époque, tient à une plasticité de l'espace qu’on n'arrive pas à bien saisir à l'écran. En termes d'architecture, Stéphane Braunschweig est très fort, pour prendre un espace et en faire quelque chose d’architecturalement assez convaincant. Il y a dans le spectacle un effet de profondeur qui, à la vidéo, perd beaucoup de son caractère spectaculaire."

Marie Richeux. "Les réserves que j’ai sur ce spectacle sont en partie dues au fait que j'arrive à saturation de mon rapport au spectacle vivant, dans sa généralité, à l'écran. Ce que j'aime moi, c'est voir des corps sur scène, les entendre, j'en ai marre de le faire par écran interposé." 

Des voix singulières et habitées 

Lucile Commeaux. "Annie Mercier est un monstre de théâtre. Sa voix, très masculine, très profonde, prend en ampleur au fur et à mesure que la pièce avance, l'effet est assez impressionnant, assez habile. (...) Les actrices portent quelque chose du texte qui est vraiment de l'ordre du burlesque qui m'a un petit peu réveillée de temps en temps."  

Marie Richeux. _"_Un des partis pris très fort de ce spectacle, est la proximité de la voix. La spécificité, la singularité, des voix, des corps, qui est non seulement assumée, mais qui est presque soulignée dans une mise en abyme plastique, didactique, théorique littérairement parlant. La manière dont ces femmes et ces hommes sont vraiment là - ils ne font pas semblant d’être traversés par le texte - c’est la réussite de ce spectacle."

  • Je Disparais d’Arne Lygre  - Mise en scène et scénographie : Stéphane Braunschweig - Avec : Irina Dalle, Alain Libolt, Pauline Lorillard, Annie Mercier, Luce Mouchel.  Traduction : Eloi Recoing. Captation : Julien Béchara (Théâtre de la Colline en 2011).  A voir en ligne sur le site du Théâtre de l’Odéon à l’occasion du cycle consacré à l’auteur. Le texte est publié chez l’Arche Editeur (2011) 

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