Alberto Manguel, Monstres fabuleux, Actes Sud
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Résumé

Lucile Commeaux, productrice adjointe de La Dispute, François Angelier, producteur de Mauvais genre et Victor Macé de Lépinay, producteur de Rayon BD, débattent autour de l'ouvrage d'Alberto Manguel "Monstres fabuleux" (Actes Sud), publié en février 2020.

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Lucile Commeaux, productrice déléguée de La Dispute, invite deux critiques pour discuter l'actualité culturelle dans une émission au format poche "faite maison". Au programme : cinéma, spectacle, série, opéra, bande-dessinée, etc... le tout accessible en ligne depuis chez soi. En quinzes minutes : un sujet et un débat, pour une Dispute maison.

Aujourd'hui à notre sommaire : Monstres fabuleux, d'Alberto Manguel, paru chez Actes Sud en février 2020. 

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Du Petit Chaperon rouge à Dracula, en passant par Alice, Faust, Don Juan, Robinson Crusoé, Superman, Sindbad le marin, ou encore Frankenstein, l’un des plus éminents bibliophiles nous invite à retrouver les personnages légendaires de la littérature mondiale. En véritables compagnons, ils émergent des pages pour nous guider sur le chemin de la vie et nous livrer leurs enseignements sur l’amour, l’amitié, le deuil, l’existence.

Composé de trente-huit courts portraits illustrés par l’auteur, ce livre talisman nous emmène à la découverte de l’essence de personnages inoubliables, des grandes questions qu’ils incarnent, et fait entrer leurs parcours en résonance avec les enjeux du monde actuel.

Une oeuvre portrait 

L'expérience du monde, l'amour, la mort, l'amitié, la perte, la gratitude, la confusion, l'angoisse, la peur, toutes ces choses et aussi ma propre identité changeante, je les ai apprises des personnages imaginaires rencontrés au fil de mes lectures, bien plus que de mon visage indistinct dans le miroir ou de mon reflet dans les yeux d'autrui. "Eliot a ses vers dans la terre veine et je te montrerais quelque chose qui n'est, ni ton ombre au matin marchant derrière toi ni ton ombre le soir surgie à ta rencontre, je te montrerais ton effroi dans une poignée de poussière." C'est exactement ce que je ressens. Dans mon souvenir, la première poignée de poussière à me faire voir la peur fut Le Beau fiancé voleur dans le conte des frères Grimm dont la fiancée arrivée chez lui en secret découvre qu'il est le chef d'une bande d'assassins... Alberto Manguel

Lucile Commeaux « J'ai trouvé la démarche touchante parce que c'est vraiment celle d'un homme vieillissant qui se retourne sur sa bibliothèque et donc qui se retourne aussi beaucoup sur ses souvenirs d'enfance et d'adolescence. Dans sa préface il cite plusieurs émotions fondamentales de la vie, l'amour, l'amitié, la jalousie, la colère, et il y associe presque systématiquement, c'est assez drôle d'ailleurs, un personnage ou plusieurs personnages qui l'ont aidé à vivre ses émotions, ses sentiments singuliers de la vie humaine. » 

François Angelier « Chaque personnage est pour Alberto Manguel à la fois un signe philosophique, ontologique et, pour un temps, existentiel puisqu'il vit avec eux. Ses personnages lui donnent des conseils, ce sont un peu ses mentors psychologiques voire autobiographiques, et en même temps il les interrogent comme des signes philosophiques. C'est donc un livre complet puisqu'on y trouve à la fois l'autoportrait d'un grand essayiste et une philosophie de la vie éclatée mais cohérente, et passant par toute une série de figures romanesques. » 

Victor Macé de Lépinay « Je suis heureux de savoir qu'il y a des gens sur cette terre qui font profession de lire, comme d'autres font profession de prier. Il y a quelque chose de salutaire et ça me fait penser aux moines qui prient pour l'humanité, non pas simplement dans le sens où ils intercèdent pour eux, mais ils prient aussi pour ceux qui ne prient pas, ils assurent une présence priante sur cette terre. Alberto Manguel, lui, est de cette race de lecteurs qui assurent une présence lisante sur la terre, il lit à notre place. Pour que le procédé soit complet et efficace, il nous donne envie de lire, il nous apprend à lire et ça c'est tout-à-fait réussi et jouissif. » 

Une « confraternité fictionnelle de l'imaginaire » 

François Angelier « On est dans le rapport éminemment subjectif d'un lecteur "pathologique" avec la littérature de fiction, ce qui fait que la vision qu'il nous donne des personnages peut sembler totalement aberrante puisqu'elle est nourrie par une expérience qui, par essence, n'est pas la nôtre. […] Alberto Manguel nie et réfute toute forme de catégorisation hiérarchique. Il n'y a pas de hiérarchie entre Superman qui est un héros de comics et Faust et Dracula qui sont des personnages beaucoup plus prestigieux. tous les personnages sont au service des autres, et c'est ça que je trouve étonnant : pas de hiérarchie mais une sorte de grande confraternité fictionnelle de l'imaginaire. »    

Victor Macé de Lépinay « Ce que j'ai trouvé de mieux, ce sont les moments où Alberto Manguel va le plus loin dans son pari, c'est-à-dire dans sa subjectivité et dans son autobiographie. Ce que j'ai trouvé de moins bien, ce sont les moments où il survole, où il se contente de faire une lecture dans l'histoire de telle ou telle grande figure, comme par exemple avec la notice sur Dracula qui est très courte. Il y a de grandes différences de longueurs, certains personnages sont traités en deux, trois pages, et d'autres font 16 pages. Je pense qu'il est souvent meilleur quand il prend le temps d'expliquer un certain nombre de choses. » 

Lucile Commeaux « Je ne suis à peu près d'accord sur rien dans ses analyses de personnages. Par exemple, il fait une analyse très psychologisante de Charles Bovary, à l'opposé de ce qu'on nous demande de faire, nous jeunes Européens, quand on doit analyser un classique de la littérature. La lecture m'a demandée une sorte d'exercice d’accommodation pour supporter la vision purement subjective, totalement foutraque parfois de la littérature, y compris sur des grands classiques. » Lucile Commeaux  

  • Monstres fabuleux, Alberto Manguel, Actes Sud 

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  • "Le Discours" de Fabrice Caro, paru en poche chez Folio en février 2020. Raphaëlle Leyris, Clémence Pouletty et Grégoire Lemenager en débattaient dans La Dispute du 05/03/2020 :

"Le Discours", de Fabrice Caro (La Dispute 05/03/2020)

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