Scott Walker, The Walker Brothers © Getty
Scott Walker, The Walker Brothers © Getty
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Résumé

Ce soir, La Dispute bouleverse ses programmes pour se consacrer au musicien Scott Walker décédé le 22 mars dernier. Retour sur la carrière et l’influence du crooner américain, de ses débuts au sein du groupe The Walker Brothers à sa carrière solo débutée à la fin des années 1960.

avec :

Olivier Lamm (Journaliste et critique à Libération), Clémentine Goldszal (Critique musique à La Dispute), Christophe Conte (Journaliste).

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Scott Walker : les débuts 

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Dès les tout débuts de leurs apparitions, il y a à la fois une manière de se fondre dans ce qu’est que le format pop et en même temps une manière de pervertir ce format, d’y infuser une forme d’étrangeté qui tient beaucoup à la voix de Scott Walker. Clémentine Goldszal 

Quand ils arrivent en Angleterre, les Walker Brothers ont déjà ces morceaux qui sont pour la plupart des reprises et cela marche un peu sur un malentendu. Ce n’est pas la musique du swinging London, ce n’est pas les Stones ni les Beatles. C’est très grandiloquent. (…) Le passage de Scott Walker comme chanteur change vraiment la configuration du groupe et son succès. Christophe Conte

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Si le groupe a marché c’est aussi parce qu’il y avait des résidus de proto pop, de toute la musique populaire d’après-guerre au Royaume-Uni. Olivier Lamm

Scott Walker : les influences 

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Sinatra, à l’époque, chante les mêmes chansons, c’est le même répertoire. Chez Sinatra, il y a un côté latin qu’il n’y a pas chez Scott Walker. La différence se situe sans doute là. Ce n’est pas non plus la même histoire, la même longévité, le même contexte. Christophe Conte

Scott Walker est à la fois entre un premier degré, le cliché du chanteur qui souffre, et ce côté vraiment exagéré, outré, presque grotesque. L’émotion chez Scott Walker est dans les graves, ce qui n’est pas du tout le cas de Brel, ce qui le ramène à quelque chose de plus intellectuel. Olivier Lamm 

Scott Walker allait beaucoup au cinéma. Il a découvert Godard, Truffaut, mais aussi Bergman, Fellini. Il lisait Sartre et Camus. Je pense que ça l’a beaucoup marqué. A mon sens, c’est une porte vers l’imaginaire européen. Cette idée du romantisme se ressent. Par ailleurs, musicalement,et notamment dans ses musiques de films, il y a une filiation très claire avec John Barry mais aussi avec les grands compositeurs de films français qui eux remontent à une tradition de la musique de la fin du XIXe - début du XXe siècle. Clémentine Goldszal 

Scott Walker : le tournant

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Dans l’album « Nite flights », Scott Walker a fait trois chansons qui sont un peu trois prototypes de ce qu’il allait faire par la suite, notamment « The Electrician » qui est une espèce de petite symphonie noire absolument incroyable qui annonce la musique industrielle, la new wave (...) Ce n’est pas une résurrection mais une décharge électrique pour beaucoup de gens, notamment David Bowie. Olivier Lamm 

Ca m’émeut énormément de voir un homme détruire son effigie et aller à rebours de l’image publique qu‘on avait de lui, et en même temps à la rencontre, peut-être, de l’abîme qui était en lui. Clémentine Goldszal 

C’est une oeuvre qui est sur un registre au-delà des genres (...) C’est une musique de timbres et de mots emmêlés qui est extrêmement précise et travaillée. Olivier Lamm 

Il fait des disques assez impénétrables. Sa conception de la musique est exigeante et sans concession. Cela donne des disques admirables. Christophe Conte 

Scott Walker : les héritiers

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Les Last Shadow Puppets s’en sont réclamé peut-être un peu lourdement mais ont fait venir beaucoup de gens à la musique de Scott Walker. Je me demande si Julian Casablancas des Strokes n’aspirait pas à cette grandiloquence également. Il y a quelque chose à la fois de très sensible et viril. Cette manière d’influencer des interprètes à travers les âges sans frontière aucune m’émeut beaucoup. Il est le chanteur ultime. Clémentine Goldszal

Dans sa dernière période, les héritiers sont à aller chercher du côté de la musique expérimentale voire de l’art contemporain. C’est une musique de musée. On est du côté de l’expérience totale. Clémentine Goldszal

L'album préféré des critiques

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"Scott 4" est pour moi le pic de sa première période, un sommet d’orchestration. Sa voix et ses chansons sont parfaites. Clémentine Goldszal

"Scott 4" et aussi "Scott 3"  parce qu’il y a encore du Jacques Brel dessus. Les quatre albums des années 1960 sont indépassables. "Tilt", en 1995, est aussi quelque chose qu’il faut écouter. Christophe Conte

Je trouve que "Til The Band Comes In" est presque son disque le plus accompli. "Tilt" est aussi un disque de transition, un très grand disque. Olivier Lamm

Extraits sonores : 

  • "This way Mary" (The Moviegoer), 1972
  • "Farmer in the city" (Tilt), 1995
  • "A lovers loves" (The Drift), 2006
  • "Brando” (Souded), avec Sun O ))), 2014

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Références

L'équipe

Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
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Production
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Chronique
Antoine Lachand
Antoine Lachand
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Production déléguée
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Collaboration
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Collaboration
Alexandre Fougeron
Réalisation
Alexandre Comte
Chronique
Anaël Pigeat
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