France Culture
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Ce soir, l’actualité musicale est au cœur de la Dispute en présence des critiques suivants :

  • **Marie-Aude Roux ** (Le Monde)
  • ** Emmanuel Dupuy ** (Diapason)
  • ** Anna Sigalévitch ** (Libération)

A propos des albums et spectacles suivants :

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-*Le sacre du printemps * d'Igor Stravinsky dirigé par Sir Simon Rattle qui paraît chez EMI Classics.

Les tonitruantes célébrations des bicentenaires Wagner et Verdi nous auraient presque fait oublier que le 29 mai, cela fera cent ans que "Le Sacre du printemps" a été créé, à Paris, dans un Théâtre des Champs-Elysées qui n’avait pas deux mois, puisque lui-même avait été inauguré le 31 mars 1913. "Le Sacre" n’est pas le premier ballet à avoir ouvert le théâtre, il y avait eu quelques jours auparavant, le 15, dans une indifférence générale, la création de "Jeux", un ballet commandé par Debussy à la compagnie des Ballets russes de Diaghilev. Beaucoup plus orageuse sera la première du "Sacre du printemps", une véritable bataille d’Hernani de la musique. Les cris sont si forts dans la salle que les danseurs n’entendent pas la musique (alors que, il faut le préciser, la générale, la veille, en présence de Debussy, Ravel et de toute la presse parisienne, se passe dans un calme absolu).

Stravinsky rejettera la faute du désastre sur son chorégraphe, Nijinsky, mais toujours est-il que le premier était le seul compositeur, rappelle Marina Frolova-Walker dans le livret du disque qui va nous occuper sous peu, capable de répondre à l’incessante exigence du second : « Etonnez-moi ! »

  • Evidemment, "Le Sacre du printemps" est depuis considéré comme un classique du XXe siècle, fondateur à bien des égards, et passage obligé pour tout grand chorégraphe à un moment ou un autre de sa carrière. Musicalement, c’est donc au tour de Simon Rattle, le « maestro aux allures de rock star », comme l’appelle le critique musical du "Figaro", Christian Merlin, dont nous avons parlé récemment dans cette émission, à l’occasion d’une revue de presse sur sa décision de ne pas renouveler son contrat, en 2018, à la tête du Philharmonique de Berlin, qu’il dirige depuis 2002. En attendant de pouvoir l’écouter à la tête de cette formation diriger le Sacre le 1er septembre 2013 à Paris salle Pleyel, le chef anglais nous propose donc une version enregistrée en public à la Philharmonie de Berlin, c’était les 8 et 10 novembre 2012. *

Antoine Guillot

-*Fidelio * de Ludwig Van Beethoven, dirigé par Kazushi Ono, mis en espace par Gary Hill jusqu'au 12 avril à l'Opéra de Lyon.

Avant de rester dans l’histoire comme l’unique opéra de Ludwig van Beethoven, "Fidelio" a connu bon nombre de versions. A l’origine, en 1805, il s’appelle "Léonore", adapté qu’il est par le librettiste Joseph von Sonnleithner d’une pièce française, "Léonore ou l’amour conjugal", écrite par Jean-Nicolas Bouilly et inspirée d’un fait divers sous la Terreur. Le livret raconte comment Léonore se déguise en homme, sous le nom de Fidelio, pour se faire engager dans la prison où est détenu son mari, Florestan, prisonnier politique du féroce Don Pizarro. Et voilà que Marzelline, la fille du geôlier Rocco, tombe amoureuse de ce bel inconnu et délaisse son prétendant, Jaquino. Quelques péripéties plus tard, Léonore dévoile son identité, empêche Don Pizarro de tuer Florestan, jusqu’à ce que, tel un deus ex machina, le bon Don Fernando arrive et libère le prisonnier.

Gros four à sa création le 20 novembre 1805 à Vienne, la pièce est retirée après trois représentations. Beethoven remanie l’œuvre, on la redonne le 23 mars 1806, avec un peu plus de succès, mais le compositeur se fâche avec le directeur du théâtre, et on retire "Fidelio" de l’affiche après la deuxième représentation. Il faudra attendre le 23 mai 1814 et un nouveau librettiste, Friedrich Treitschke, pour que le succès prenne enfin pour cette version définitive. Enfin, définitive, pas tout à fait, puisque Beethoven a composé quatre ouvertures pour "Fidelio", et que depuis plus d’un siècle, on a pris l’habitude, à la suite de Gustav Mahler, de jouer la troisième version de l’ouverture avant le finale.

  • Comme si tout cela n’était pas assez compliqué, le vidéaste Gary Hill, Grand Prix de la sculpture à la Biennale de Venise en 1995, a décidé pour sa mise en scène d’adapter "Fidelio". Au début, il voulait s’attaquer à la musique : puisque Beethoven commençait à souffrir de surdité quand il compose "Fidelio", il envisageait de laisser des trous dans la partie musicale. On a dû lui faire comprendre que ça ne se faisait pas trop… Il décide alors d’hybrider le livret avec un « poème de science-fiction », de l’auteur suédois Harry Martinson, "Aniara". Et voici nos personnages embarqués dans un vaisseau errant dans l’espace, avec de longs récitatifs en français, et une mise en scène spectaculaire, qui a beaucoup partagé la presse. *

Antoine Guillot

Ainsi que les coups de cœurs :

d'Anna Sigalévitch :

-L'album Vladimir Ashkenazy 50 years on DECCA , chez DECCA.

Ashkenazy a commencé à enregistrer chez DECCA en 1953. C’est un très bon pianiste et un très bon chef d’orchestre. Il joue Rachmaninov, Chostakovitch, Brahms, Prokofiev… Il y a des choses qu’on connaît mais aussi des choses plus étonnantes. Il joue tout très bien, c’est un pianiste solide et très constant. C’est un plaisir de découvrir les œuvres ou d’y revenir grâce à lui. Un basique très heureux.

Anna Sigalévitch

de Marie-Aude Roux :

-Première suite d'orchestre de Claude Debussy orchestrée par Philippe Manoury avec l'orchestre Les Siècles dirigé par François-Xavier Roth, chez Actes Sud (éditions musicales).

Debussy l’a composée à 21 ans et elle a été retrouvée en 2007 dans sa version piano à quatre mains. Philippe Manoury a refait l’orchestration du troisième mouvement en version orchestre, qu’il a créée à la cité de la musique en mars 2012 sur instruments d’époque. C’est le premier enregistrement mondial de la Première suite d’orchestre de Debussy.

Marie-Aude Roux

d'Emmanuel Dupuy :

-L'album "Satie & Compagnie" d'Anne Queffélec (Mirare)

Anne Queffélec est une immense pianiste. Son programme mêle des pièces de Satie (Les gnotiennes, les gymnopédies) à celles de Debussy, Ravel, Poulenc, Reynaldo Hahn… Son jeu est d’une grande fermeté. C’est un album de poésie qui se feuillette avec beaucoup de plaisir. Un programme très intelligent servi par une très grande artiste.

Emmanuel Dupuy

Sans oublier, la revue de presse culturelle de Christophe Payet.

Et le coup de fil passé à Nicolas Chalvin, chef de l'Orchestre des Pays de Savoie, à l'occasion de la carte blanche donnée à Sigiswald Kuijken le 13 avril à la Grange au Lac à Evian.

Pastillle introductive: Igor STRAVINSKY

Références

L'équipe

Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Production
Eric Loret
Collaboration
Didier Méreuze
Collaboration
Antoine Lachand
Antoine Lachand
Antoine Guillot
Production déléguée
Frédéric Bonnet
Collaboration
Frédérique Briard
Collaboration
Florence Ben Sadoun
Collaboration
Emily Barnett
Collaboration
Emmanuel Dupuy
Collaboration
Yasmine Youssi
Collaboration
Alain Spira
Collaboration
Joëlle Gayot
Collaboration
Etienne de Montety
Collaboration
Gwénola David-Gibert
Collaboration
Nathalie Crom
Collaboration
Fabienne Pascaud
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Lisa Nesselson
Collaboration
Karine Papillaud
Collaboration
Léa Bismuth
Collaboration
Frédéric Ferney
Collaboration
Frédéric Potet
Collaboration
Philippe Delaroche
Collaboration
Marie-Aude Roux
Collaboration
Philippe Régnier
Collaboration
Olivier Lamm
Collaboration
René Solis
Collaboration
Richard Leydier
Collaboration
Mina Dos Santos
Collaboration
Seham Boutata
Collaboration
Patrick Sourd
Collaboration
David Comeillas
Collaboration
Hugo Cassavetti
Collaboration
Joseph Ghosn
Collaboration
Sabine Audrerie
Collaboration
Jean-Baptiste Thoret
Collaboration
Laurent Nunez
Collaboration
Anna Sigalevitch
Collaboration
Anne-Claire Norot
Collaboration
Jean-Max Colard
Collaboration
Charlotte Garson
Collaboration
Daniel Finot
Réalisation
Christophe Conte
Collaboration
Corinne Rondeau
Collaboration
Vincent Huguet
Collaboration
Véronique Mortaigne
Collaboration
Daniel Martin
Collaboration
Raphaël Sorin
Collaboration