1967. Toutankhamon à Paris : épisode 2/4 du podcast Une histoire de l'égyptomanie, passion française

Sarcophage doré à l'or de la momie du pharaon Toutânkhamon, mort à 19 ans en 1324 avant J.C.
Sarcophage doré à l'or de la momie du pharaon Toutânkhamon, mort à 19 ans en 1324 avant J.C.  ©Getty - Ann Ronan Pictures/Print Collector
Sarcophage doré à l'or de la momie du pharaon Toutânkhamon, mort à 19 ans en 1324 avant J.C. ©Getty - Ann Ronan Pictures/Print Collector
Sarcophage doré à l'or de la momie du pharaon Toutânkhamon, mort à 19 ans en 1324 avant J.C. ©Getty - Ann Ronan Pictures/Print Collector
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Février 1967, les Français se ruent au Petit Palais pour admirer les trésors de Toutankhamon, seul pharaon dont la tombe ne fut pas pillée. Organisée par l'égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt, l'exposition qui rassemble 1,2 million de visiteurs va relancer la passion française pour l'Egypte.

Avec
  • Françoise Chaserant Conservatrice en chef des Musées du Mans
  • Pascal Ory Historien, spécialiste d’histoire culturelle, membre de l’Académie française
  • Christiane Desroches-Noblecourt égyptologue (1913-2011)

Première partie : l'exposition comme outil de démocratisation culturelle ?

Emmanuel Laurentin s'entretient avec Pascal Ory de la médiatisation de l'Egypte antique au travers des grandes expositions comme celle de 1967. Après celle consacrée à Picasso (800 000 visiteurs), Toutankhamon et son temps est en outre l'une des premières expositions grand public qui contribuera aux réflexions des musées sur les publics.

1967 marque-t-il une borne dans notre histoire culturelle ?

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Pascal Ory :  Oui, on peut voir cette exposition Toutankhamon comme une sorte d'apogée de la culture "à la Malraux", "en route pour une nouvelle religion, avec les artistes comme dieux…" Cette exposition et son succès illustrent la spectacularisation progressive des expositions d'art, et l'entrée dans une ère de mise en scène de la culture par l'état. Elle se situe au début aussi de la culture mesurée à l'aide de statistiques sur lesquelles planchent parfois de jeunes chercheurs comme Pierre Bourdieu. D'un point de vue géopolitique, on ne peut pas ne pas la mettre en lien avec la politique arabe menée par le général De Gaulle qui fait de la culture, des échanges - tel la présentation de la Joconde à Washington - un nouvel axe de sa politique internationale à cette époque."

Seconde partie : Toutankhamon à Paris, un documentaire d'Amélie Meffre et Véronik Lamendour

Février 1967, les Français se ruent au Petit Palais pour admirer les trésors de Toutankhamon, seul pharaon dont la tombe ne fut pas pillée. Organisée par l'égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt, l'exposition doit aider au sauvetage des temples de Nubie, dont Abou Simbel, menacés de disparition par la mise en place du barrage d'Assouan. Le concept de « Patrimoine mondial de l'humanité » émerge alors... L'exposition Toutankhamon et son temps qui relancera la passion française pour l'Egypte, durera plus de six mois et rassemblera quelque 1,2 million de visiteurs...

Avec les témoignages de Christiane Desroches-Noblecourt , égyptologue, Françoise Chaserant , qui était alors étudiante à l'Ecole du Louvre et Irène Bizot, chargée à l'époque des expositions à la Réunion des Musées nationaux (RMN).

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