Des Gilets jaunes regardant l'allocution télévisée du Président de la République, Fay-au-Loges, 10 décembre 2018
Des Gilets jaunes regardant l'allocution télévisée du Président de la République, Fay-au-Loges, 10 décembre 2018 ©AFP - GUILLAUME SOUVANT / AFP
Des Gilets jaunes regardant l'allocution télévisée du Président de la République, Fay-au-Loges, 10 décembre 2018 ©AFP - GUILLAUME SOUVANT / AFP
Des Gilets jaunes regardant l'allocution télévisée du Président de la République, Fay-au-Loges, 10 décembre 2018 ©AFP - GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Le mouvement des Gilets jaunes met en lumière un contexte de crise démocratique profonde. Comment les liens entre représentants et représentés ont-ils pu se distendre à ce point ? Comment est-on arrivé à une telle défiance vis-à-vis du principe même de représentation ?

Avec
  • Nicolas Roussellier professeur d'histoire politique à Sciences Po
  • Gérard Noiriel Historien, directeur d'études à l’EHESS, spécialiste de l’immigration et de l’histoire de la classe ouvrière.

Une des caractéristiques les plus remarquables du mouvement des Gilets Jaunes est sans doute le refus de principe de toute représentation. Pour comprendre comment les liens entre représentants et représentés ont pu se distendre à ce point, et comment a-t-on pu arriver à une telle défiance, les historiens Gérard Noiriel et Nicolas Rousselier, en ouverture de cette série, apporteront leurs éclairages.

Gérard Noiriel : La crise de la représentation est une crise très ancienne. Depuis la Révolution française, on observe une double approche de la citoyenneté : celle qui passe par la délégation de pouvoir : on choisit, on élit des représentants pour leurs compétences, et de l’autre côté, une volonté —  que l’on retrouve déjà chez les sans-culottes — de participer directement à l’action politique. Cela correspond à une évolution des liens sociaux : sous l’Ancien Régime, les liens directs priment, puis progressivement, ce seront les liens indirects. On est toujours dans cette contradiction entre une aspiration à la démocratie directe et un système politique qui fonctionne par une multitude de liens indirects qui nécessitent la représentation.

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Nicolas Roussellier : Il y a une crise de la représentation à plusieurs titres. La première remonte à l’origine même de la Ve République. Le dégât collatéral de la Ve République, c’est le rôle du Parlement. L’avènement de la Ve République c’est la sûreté de l’exécutif, et cet enjeu de stabilité l’emporte sur le fait de donner la parole à la représentation nationale, le terme même n’ayant plus beaucoup de sens. A cela s’ajoute la crise de la représentation des années 2000, qui est la crise de tous les connecteurs démocratiques : partis, syndicats, associations. Enfin, et c’est la chose nouvelle, on assiste avec le mouvement des Gilets Jaunes à une attaque directe, sans filtre, du Président de la République : c’est la première crise anti-présidentialiste.

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Musiques diffusées

  • Gauvain Sers, Les oubliés, 2018
  • L’Homme parle, La crise, 2009

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Production
Céline Leclère
Collaboration
Aurélie Marsset
Collaboration
Renaud Dalmar
Réalisation
Thomas Dutter
Réalisation
Marie-Laure Ciboulet
Réalisation
Séverine Liatard
Production déléguée
Séverine Cassar
Réalisation
Victor Macé de Lépinay
Production déléguée
Anne Fleury
Réalisation
Anaïs Kien
Anaïs Kien
Anaïs Kien
Production déléguée