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Une mémoire d’Indochine

Un documentaire de Séverine Liatard et Anne Fleury

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« Très cher Pierre, j’ai bien reçu coup sur coup tes deux lettres qui font revivre des disparus que je ne connais pas tous, ayant quitté notre pays en août 1926 (le 15 exactement). Le Chantilly quittant le port de Saïgon ce jour-là, vers 8h du matin : je revois encore notre père (Thây), notre belle-mère (Mo) et la petite Thérèse. (…) Je ne savais pas que je ne les reverrai plus en ce bas-monde. »

Claude Vo-Than-Loc est né en 1912 en Cochinchine. Dans les lettres à son frère écrites entre 1982 et 1983, il décrit ses lointains souvenir du village de Huong Diem et lui demande des informations sur la famille.

Issu d’un milieu aisé, occidentalisé, francophone et catholique, il part en France en 1926 avec son frère aîné pour poursuivre ses études. Il ne reviendra jamais dans son pays, colonie française depuis une cinquantaine d’années. L’étudiant à Toulouse puis à Paris se rapproche des milieux anticolonialistes proches de la Gauche révolutionnaire, un courant de la SFIO animé notamment par Daniel Guérin. Il est alors surveillé par les renseignements généraux.

En juin 1940, il s’exile à Marseille avec sa femme Alice et rencontre le groupe dominicain, « Economie et Humanisme » fondé par le père Joseph Lebret, à la recherche d’une synthèse entre marxisme et spiritualité chrétienne, avec qui il va cheminer tout au long de sa vie. Diplômé de philosophie et d’économie, il devient enseignant dans le secondaire puis à l’université. Il devient par ailleurs, délégué régional de sa majesté Bao Daï au début des années 1950. Alors qu’il milite pour l’indépendance du pays, il vit comme un drame son partage après la conférence de Genève en 1954. Á contre-courant d’une certaine intelligentsia occidentale au moment de la guerre du Vietnam, il appartient à cette tendance peu reconnue qui soutient une troisième voie.

Lors du décès de son père, sa fille, Marie-France Vo, a retrouvé des documents rangés dans une malle bleue. Tout récemment, elle a commencé à mener des recherches sur son père dont elle ne connaît l’histoire que par bribes encouragée par l’historien François Guillemot qui, au fil des séances de son séminaire « Mémoires d’Indochine », revisite l’histoire contemporaine de la péninsule indochinoise sous l’angle des littératures autobiographiques.

Avec Marie-France Vo (fille de Claude Vo-Than-Loc) François Guillemot (historien, ingénieur de recherche au CNRS) et Pierre Brocheux (historien)

séminaire de François Guillemot à l'ENS de Lyon "Mémoires d'Indochine" : http://indomemoires.hypotheses.org/

Marie-France Vo, fille de Claude Vo Thanh Loc
Marie-France Vo, fille de Claude Vo Thanh Loc
© Radio France - radiofrance
Claude Vo Thanh Loc en décembre 1967
Claude Vo Thanh Loc en décembre 1967
© Radio France - radiofrance
Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Françoise Camar
Réalisation
Aurélie Marsset
Collaboration
Renaud Dalmar
Réalisation
Perrine Kervran
Perrine Kervran
Perrine Kervran
Production déléguée
Séverine Liatard
Production déléguée
Séverine Cassar
Réalisation
Maryvonne Abolivier
Collaboration
Anne Fleury
Réalisation
Anaïs Kien
Anaïs Kien
Anaïs Kien
Production déléguée