A la fin du XVe siècle, Sainte Cécile devient la patronne des musiciens (à dr. représentée par Guido Reni, 1607)
A la fin du XVe siècle, Sainte Cécile devient la patronne des musiciens (à dr. représentée par Guido Reni, 1607) ©Getty - Universal History Archive/UIG/DeAgostini
A la fin du XVe siècle, Sainte Cécile devient la patronne des musiciens (à dr. représentée par Guido Reni, 1607) ©Getty - Universal History Archive/UIG/DeAgostini
A la fin du XVe siècle, Sainte Cécile devient la patronne des musiciens (à dr. représentée par Guido Reni, 1607) ©Getty - Universal History Archive/UIG/DeAgostini
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"Epouse de Robert Schumann", "muse du Groupe des Six", "excellente pédagogue", "gracieuse" : comment les discours sur les femmes musiciennes et compositrices ont-ils contribué à minorer leurs œuvres comme leur place dans l'histoire de la musique, voire à les en effacer simplement ?

Avec
  • Mélanie Traversier historienne

D'Euterpe à Sainte Cécile en passant par Elisabeth Jacquet de la Guerre et Germaine Taillefer, Emmanuel Laurentin revient avec Mélanie Traversier sur les instruments et les genres qui ont longtemps été réservés aux femmes comme sur les processus d'invisibilisation qui ont marqué les œuvres et les trajectoires des musiciennes et des compositrices . Une mémoire empêchée qui s'origine à la fois dans des discours théoriques (les femmes pratiqueraient la musique sur un mode mineur) mais aussi dans des réalités institutionnelles (ce n’est qu'en 1774 qu'une femme, Maria Rosa Coccia, fut admise pour la première fois au sein de la congrégation romaine de Sainte Cécile et put accéder au titre de maître de chapelle). 

Mélanie Traversier : Toutes les femmes artistes qu’elles soient musiciennes, autrices, peintres, cinéastes, ont subi les mêmes processus d’invisibilisation - ou en tout cas de disqualification. Si leur stade suprême est l’oubli total, ils passent aussi par des discours qui minorent le rôle des femmes dans l’histoire des arts, les plaçant par exemple sous une tutelle masculine, réduisant ces artistes à n’être que « la sœur de », « la fille de… », « l’épouse de… », « la muse de… », « la maîtresse de… » comme on l’a vu avec Germaine Taillefer, grande compositrice mais souvent qualifiée de « mascotte du Groupe des Six ». Une autre forme de dénigrement consiste à exclure les musiciennes des formes réputées ambitieuses comme la symphonie pour les reléguer à des genres supposés mineurs, à des petites formes considérées comme gracieuses et élégantes comme la cantate par exemple. 

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59 min

Musiques diffusées

  • Lili Boulanger, D’un matin de printemps, par l'Ensemble The Women's Philharmonic
  • Gaetano Latilla, Romolo (extrait), par Flavio Ferri-Benedetti
  • Fanny Mendelssohn, Aus meinen Tränen sprießen, duo pour soprano et mezzo soprano, par Barbara Bonney et Angelika Kirchschlager

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