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On s'est battu pour l'art : l'Expo 72 au Grand Palais
On s'est battu pour l'art : l'Expo 72 au Grand Palais

On s'est battu pour l'art : l'Expo 72 au Grand Palais © Radio France

Alors que démarre cette semaine au Grand Palais de Paris la grande exposition d'art contemporain intitulée la Force de l'Art , parfois surnommée "expo Villepin", La nouvelle Fabrique de l'histoire vous propose en documentaire de revenir à une autre exposition officielle, l'Expo "Pompidou" de 1972, qui fit en son temps couler un peu d'encre. "On s'est battu pour l'art , l'Expo 72 au Grand Palais" , un documentaire d'Antoine Lachand et Anne Franchini. Le 16 mai 1972 s'ouvre à Paris, au Grand Palais, la grande exposition d'art contemporain français, "vitrine" du pays, voulue expressément par le Président de la République Georges Pompidou. Après bien des hésitations, bien des altercations par voie de presse quant à la liste des artistes invités, c'est la première fois que le pouvoir s'intéresse d'aussi près aux arts plastiques les plus récents dans un cadre officiel. Mais dans l'après-midi le vernissage dérape : les activistes du FAP (Front des Artistes Plasticiens) s'installent sur les marches, dans le hall, et scandent "l'Expo 72 : des artistes au service du capital ". Les visiteurs sont bousculés, les forces de l'ordre massées à proximité interviennent et l'Expo 72 ferme ses portes. Certains des artistes exposés réagissent alors immédiatement, en particulier le groupe dit des Malassis qui sort sa toile monumentale le Grand méchoui au nez et à la barbe de la police et des photographes. D'autres retourneront leurs toiles ou affubleront leur présentation de fromages odorants en guise d'opposition à l'intervention de la police. Pourtant, après huit jours de fermeture et d'AG, l'expo 72 (72 artistes pour 1972) rouvre finalement ses portes et accueillera environ 70 000 visiteurs jusqu'au mois de septembre, permettant au public de découvrir ainsi quelques grands noms comme Morellet, Viallat, Boltanski, Reynaud, Ben, "nouveaux réalistes", "figuration narrative", etc. Entachée par ces débuts houleux, prise dans un climat idéologique et politique hérité de mai 68, l'Expo 72 reste ainsi dans les mémoires comme une première tentative, en partie avortée, pour l'institution de s'ouvrir à la création. Avec les témoignages de Henri Cueco , peintre et écrivain, membre du groupe des Malassis ; Joël Kermarrec , artiste peintre ; Serge Lemoine et Alfred Pacquement , co-commissaires de l'Expo 72 ; Jérôme Peignot , écrivain, critique d'art et porte-parole du FAP (Front des Artistes Plasticiens) ; Jacques Rigaud , ex-Directeur de Cabinet au Ministère de la Culture. Puis, aux alentours de 9h40, place sans transition à l'archéologie avec le Salon noir de Vincent Charpentier.

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Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin