Que fait la guerre à la religion ?
Que fait la guerre à la religion ? - L'atelier des portes d'argent
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Aujourd'hui, enjeux religieux et politiques dans la Guerre de Trente ans, l'émission d'archives avec Françoise Hildesheimer, Damien Tricoire et Nicolas Richard.

Avec
  • Nicolas Richard Docteur en histoire, spécialiste de la Bohème au XVIIe siècle
  • Françoise Hildesheimer Conservateur général du patrimoine aux Archives nationales
  • Damien Tricoire historien, professeur assistant à l’Université Martin Luther de Halle-Wittenberg

Deuxième volet de cette série pour essayer de comprendre ce terrible conflit qui a, entre autres, profondément transformé l’image et la façon de se comporter d'un souverain en Europe. Une émission à base d'archives qui seront commentées par Françoise Hildesheimer, conservateur général du patrimoine honoraire et spécialiste de Richelieu, Damien Tricoire, professeur assistant à l’Université Martin Luther de Halle-Wittenberg, spécialiste des rapports entre la politique et le catholicisme à l’époque baroque et Nicolas Richard, spécialiste de la Bohême au 17e siècle.

L'épisode de la défenestration de Prague, anecdote digne d'un western ou crime de lèse-majesté ?

Nicolas Richard : Cet épisode apparaît comme un geste de lèse-majesté aux yeux des Habsbourg. Les deux envoyés dont on a balancé les corps par la fenêtre du château étaient des sortes de vice-rois : c’est comme si on prenait le corps du roi et qu’on l’exécutait : un crime de lèse-majesté à la face de l’Europe. Et c’est ce geste qui amène Ferdinand qui jusque-là voulait respecter la liberté de religion à prendre la décision, après la guerre, de recatholiciser la Bohême. 

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#édit de Restitution #Mit Gott Rechnen

La religion a-t-elle quelque chose à voir dans l’évolution politique des états au 17e siècle ? Faut-il prendre au sérieux les arguments religieux de ces souverains ou bien les écarter au motif qu’ils ne seraient qu’une instrumentalisation du religieux par le politique ?

Damien Tricoire : Le problème de l’historiographie c’est qu’on cherche toujours les motivations des acteurs politiques et on n’arrive le plus souvent à ne pas pouvoir séparer, ni décider du poids respectif de la religion et de la politique. Or je crois qu’il faut poser la question autrement et se dire que les acteurs politiques prenaient des décisions en prenant en compte la réaction de Dieu qu’ils escomptaient. Louis XIII par exemple considère Dieu comme un acteur politique à part entière. Comme pour ses contemporains, Dieu pour un acteur qui réagit à leurs actions : une décision peut entraîner une punition divine ou au contraire amener des grâces sur un royaume. Dieu n’est donc pas qu’une affaire de religiosité ou de piété personnelle, mais une question éminemment politique dont les élites débattent car tout le monde n’a pas la même idée des réactions de Dieu ! C’est par ce biais-là que nous pouvons comprendre l’intrication entre la politique et la religion dans la première moitié du 17e siècle.

#siège de la Rochelle #édit de Nantes #Simplicius simplicissimus #Jupiter

Françoise Hildesheimer : Ce qui me frappe c’est la complexité de ce 17e siècle. Cette période est à la fois proche de nous parce qu’on y voit apparaitre la raison en politique et en même temps très éloignéz par ce mélange constant entre Raison et Religion qui la constitue. Et ce qui la sépare également de nous, c’est la longueur des communications au travers de cette Europe qui pour nous qui sommes habitués à vivre tout en direct rajoute encore un élément de complexité.

  • Textes d'archives cités :

- VOLTAIRE, ESSAI SUR LES MOEURS ET L’ESPRIT DES NATIONS (1756)

- CLAUDE DE MESMES, COMTE D’AVAUX, MOTIFS DE LA FRANCE DANS LA GUERRE D’ALLEMAGNE, ET QUELLE A ETE SA CONDUITE

- HANS JAKOB CHRISTOFFEL VON GRIMMELSHAUSEN, SIMPLICIUS SIMPLICISSIMUS (extrait)

- FREDERIC SCHILLER, HISTOIRE DE LA GUERRE DE TRENTE ANS (1790) 

- Ainsi qu'un texte recensant les demandes des bourgeois de Belfort au moment de la reddition de la ville à la France en 1636, et la réponse de Louis de Champagne, chargé de prendre la ville par Richelieu.

Ces textes d'archives sont lus par Elsa Dupuy.

  • Bibliographie complémentaire

- Europe, Comédie héroïque attribuée à Richelieu 

- Thomas Brockmann, Dynastie, Kaiseramt und Konfession: Politik und Ordnungsvorstellungen Ferdinands II. im Dreissigjährigen Krieg (Dynastie, fonction impériale et confession. Politique et idées de Ferdinand II dans la guerre de Trente Ans), éd. Ferdinand Schöningh, 2011.

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Production
Céline Leclère
Collaboration
Aurélie Marsset
Collaboration
Renaud Dalmar
Réalisation
Thomas Dutter
Réalisation
Marie-Laure Ciboulet
Réalisation
Séverine Liatard
Production déléguée
Séverine Cassar
Réalisation
Victor Macé de Lépinay
Production déléguée
Anne Fleury
Réalisation
Anaïs Kien
Anaïs Kien
Anaïs Kien
Production déléguée