Maîtriser la domestication des plantes et des aninaux est-il vraiment synonyme de sédentarisation pour les populations de chasseurs-cueilleurs du Néolithique ? ©Getty - Jean-Pierre BOUCHARD/Gamma-Rapho
Maîtriser la domestication des plantes et des aninaux est-il vraiment synonyme de sédentarisation pour les populations de chasseurs-cueilleurs du Néolithique ? ©Getty - Jean-Pierre BOUCHARD/Gamma-Rapho
Maîtriser la domestication des plantes et des aninaux est-il vraiment synonyme de sédentarisation pour les populations de chasseurs-cueilleurs du Néolithique ? ©Getty - Jean-Pierre BOUCHARD/Gamma-Rapho
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Résumé

Les récentes découvertes en archéologie montrent que la domestication des plantes et des animaux a précédé de près de 4 000 ans la sédentarisation des populations en Mésopotamie. Une remise en cause du discours dominant qui a toujours fait coïncider agriculture et naissance des cités, puis des états

avec :

Cécile Vast (Membre du Centre d'histoire et de recherches sur la Résistance.), James C. Scott (Professeur émérite de sciences politiques et d'anthropologie à Yale University).

En savoir plus

Première partie

Emmanuel Laurentin s'entretient avec James C. Scott, professeur de science politique à l'Université Yale aux États-Unis, qui vient de publier Homo domesticus, un essai ambitieux qui relève de ce que les Anglo-Saxons appellent la « Big History » c'est à dire d'une histoire qui chercherait à embrasser la totalité du monde mais également la totalité des périodes historiques.

En se fondant sur les recherches les plus récentes en archéologie, James C. Scott remet en question un de nos récits civilisationnels dominants qui fait coïncider la domestication des plantes et des animaux au Néolithique et l’installation de populations de chasseurs-cueilleurs en villages, puis en cités, et ainsi à la naissance de la notion d'état. Et qui établit ainsi un rapport de cause à effet direct entre les deux phénomènes. 

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James Scott : Contrairement à ce que l'on nous apprend à l'école, les populations de Mésopotamie ont "résisté" à l’agriculture pendant 4 000 ans ! Pourquoi ? Tout simplement parce que, dans un environnement marqué par l’abondance des ressources naturelles, cultiver la terre est un mode de subsistance non seulement beaucoup plus coûteux en matière de travail - par rapport au simple geste de prélèvement dans la nature - mais aussi en vies humaines ! En effet, cette cohabitation inédite entre humains, animaux domestiqués et céréales a produit une tempête épidémiologique sans précédent : toutes les maladies infectieuses que nous connaissons viennent de cette promiscuité. Jusque là, les chasseurs-cueilleurs se déplaçaient sans cesse, laissant leurs ordures derrière eux : ce qui pour la santé était un avantage non négligeable !

Dans le droit fil d'une école d'anthropologie que l'on qualifie souvent d'"anarchiste", James Scott démontre ainsi que l’apparition de l’Etat représente une anomalie et une contrainte, présentant plus d’inconvénients que d'avantages pour ses sujets qui ont cherché à se soustraire à son administration aussi longtemps que possible. Il rappelle que jusqu’à il y a quatre siècles environ, un tiers de la planète était encore occupé par des chasseurs-cueilleurs tandis que la majorité de la population mondiale vivait "hors d’atteinte des entités étatiques et de leur appareil fiscal". 

James C. Scott : L’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres.

Seconde partie : Comment enseigner l’histoire de la Résistance aujourd'hui ?

Emmanuel Laurentin revient sur la Journée nationale de la Résistance, que l'on célébrait le lundi 27 mai dernier, avec Cécile Vast, conseillère scientifique au Musée de la Résistance de Besançon et chercheuse associée au Laboratoire de recherches historiques Rhône-Alpes (LARHRA – UMR 5190).

La chronique « Un saut dans la loi » de Amélie Meffre 

Aujourd'hui, Amélie Meffre revient sur l'Acte communautaire du 26 septembre 1976 qui entérine la décision d'élire au suffrage universel direct les députés européens.

Une émission en partenariat avec

Avec la chronique de Jean-Marc Bastière, rédacteur en chef du mensuel Histoire & Civilisations, à l'occasion du n°51 consacré aux conquistadores.

Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Céline Leclère
Collaboration
Aurélie Marsset
Collaboration
Renaud Dalmar
Réalisation
Thomas Dutter
Réalisation
Marion Dupont
Collaboration
Séverine Liatard
Production déléguée
Séverine Cassar
Réalisation
Victor Macé de Lépinay
Production déléguée
Anne Fleury
Réalisation
Anaïs Kien
Production déléguée