Dessin d'un jeune rescapé du génocide rwandais, Gassagure, âgé de 13 ans en 1998 ©Getty - Christophe Calais/Corbis
Dessin d'un jeune rescapé du génocide rwandais, Gassagure, âgé de 13 ans en 1998 ©Getty - Christophe Calais/Corbis
Dessin d'un jeune rescapé du génocide rwandais, Gassagure, âgé de 13 ans en 1998 ©Getty - Christophe Calais/Corbis
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Résumé

Qu’est-ce qu’une approche extrêmement locale peut apporter à la compréhension des crimes de masse et des génocides ? En quoi l'approche microhistorienne se différencie-t-elle de la pratique de la monographie traditionnelle, ou de la notion d'histoire totale développée par Ernest Labrousse ?

avec :

Pierre Benetti (critique à En attendant Nadeau), Nicolas Werth (directeur de recherche émérite au CNRS et président de la branche française de Memorial International), Isabelle Backouche (directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)).

En savoir plus

Emmanuel Laurentin s'entretient avec les historiens Isabelle Backouche, Pierre Benetti, Nicolas Werth des atouts de la microhistoire dans un contexte de crime de masse.

Isabelle Backouche : L’approche microhistorienne nous permet de comprendre des milliers de complicités – ou de résistance - non volontaires qui se jouent à plusieurs niveaux. Elle a une vertu heuristique sur le regard que l’on porte en tant qu’historien. Parce que face à des processus aussi extraordinaires que les processus génocidaires, on est nous-mêmes écrasés par ce qui est arrivé. Il faut décrasser le regard.

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Nicolas Werth : Dès ses origines, une des idées centrales de la micro-histoire est de s’intéresser aux anonymes, aux petites gens, c’est-à-dire de déplacer le regard des élites, des grands personnages. Il y a une vision politique et en même temps le refus de faire de l’histoire sociale au sens traditionnel de l’histoire des masses : donc un double décentrage. Cela consiste aussi à essayer de saisir un autre moment que celui d’où nous réfléchissons trente ou cinquante ans après. Mais qu’est-ce qu’il se passait sur le moment ? Comment les gens ressentaient les choses ?

Pierre Benetti : En effet, pour ce qui concerne l’exemple du Rwanda, ce qui apparaît dans la quinzaine d’entretiens que j’ai pu mener à Kinazi, c’est qu’en 1994, on ne parle pas encore de génocide. Ce sont des meurtres entre voisins, ce sont des gens qui se retournent contre leurs propres voisins. 

Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Françoise Camar
Réalisation
Aurélie Marsset
Collaboration
Renaud Dalmar
Réalisation
Perrine Kervran
Perrine Kervran
Perrine Kervran
Production déléguée
Séverine Liatard
Production déléguée
Séverine Cassar
Réalisation
Maryvonne Abolivier
Collaboration
Anne Fleury
Réalisation
Anaïs Kien
Production déléguée