Vue des jardins du château de Versailles ©Getty - The Print Collector / Hulton Archive
Vue des jardins du château de Versailles ©Getty - The Print Collector / Hulton Archive
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Résumé

La légende de Versailles raconte que Louis XIV aurait choisi un lieu ingrat pour mieux montrer l'étendue de son pouvoir. A rebours des idées reçues, Grégory Quenet, historien de l’environnement, démontre que la nature est partout à Versailles, et la négociation entre nature et culture permanente.

avec :

Grégory Quenet (Professeur d’histoire de l’environnement à l’université de Versailles-Saint-Quentin), Romain Bertrand (Directeur de recherche au Centre de recherches internationales (CERI), spécialiste de l’histoire connectée.), Johann Chapoutot (Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Sorbonne - Paris IV).

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Première partie. Entretien avec Grégory Quenet

Versailles serait l'archétype d’une architecture qui s’impose à la nature ? A rebours de cette idée reçue, l'historien Grégory Quenet, spécialiste de l’environnement, démontre au contraire que la nature y est partout - notamment au travers des problèmes de régulation des populations de lapins, de rats, de pies, de corneilles, et même du loup avant son éradication définitive - et la négociation entre nature et architecture, nature et culture, permanente.

Emmanuel Laurentin et Anaïs Kien s'entretiennent avec Grégory Quenet de son ouvrage Versailles, une histoire naturelle (La Découverte). Pionnier de l’histoire de l’environnement en France, Grégory Quenet s’attaque à la croyance selon laquelle Versailles serait l'archétype d’une architecture dominant la nature. Au cours de cet entretien, l'historien revient sur la singularité de ce domaine royal, et sur les multiples exemples à partir desquels on peut très bien y voir la nature non dominée par l’homme.

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Grégory Quenet : Versailles est un assemblage très particulier : c’est un parc de chasse de 8 000 hectares au départ, puis 15 000 hectares à la veille de la Révolution française, mais dans lequel des hommes vivent déjà. 4000 personnes vivent dans ce que l’on appelle les "villages enfermés" et donc il y a un problème de coexistence : les deux tiers des terres étant occupées par des cultures et non pas par des bois. C’est un problème écologique qui est très étonnant par rapport aux parcs de chasse des autres demeures royales. Il va donc falloir y inventer un lieu dans lequel le roi puisse chasser trois fois par semaine alors qu’auparavant, il se déplaçait de résidence en résidence, ce qui lui donnait un sentiment d'emprise sans limites.

Le règne de Louis XIV est souvent assimilé à un discours inflexible fait de peines pédagogiques, de paysans envoyés aux galères et de voleurs marqués au fer rouge. Mais derrière cette politique affichée, Grégory Quenet montre quele roi sait aussi fermer les yeux sur un certain nombre de choses, et pratique finalement une politique de négociation avec l'environnement.

Grégory Quenet : Une des difficultés que l’on a avec cette période vient du poids de cette théorie du grand partage, selon laquelle nature et culture auraient été séparées grâce à la mise en science de la nature, à sa mathématisation. Or quand on regarde les sources, on se rend compte que les cadres d’analyse de Louis XIV étaint très différents : pour lui, il y a une continuité absolue entre ce jardin géométrique, ce petit parc de 900 hectares et ce parc de chasse plus vaste. Son palais est plein d’animaux, de chiens, de chevaux. Donc sa pratique de la nature est une pratique de négociation. 

Seconde partie. Entretien avec Romain Bertrand

Emmanuel Laurentin et Anaïs Kien s'entretiennent avec Romain Bertrand de son ouvrage Le long remords de la conquête. Manille-Mexico-Madrid : l’affaire Diego de Avila (1577-1580) (Seuil) avec lequel il invite son lecteur à suivre les chemins de conquistadores et des frères augustins vers les Philippines dans la seconde moitié du XVIe siècle. Par le biais de cette formule "le long remords de la conquête", l'historien cherche à décrire et à saisir ce moment au cours duquel, une fois les armes rangées, quelques centaines d’hommes ont du s'employer à gérer l’archipel philippin. Et ce faisant, s'attache à réconcilier l’approche micro-historique, l’approche de l’histoire globale et de l'histoire sociale.

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Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Françoise Camar
Réalisation
Aurélie Marsset
Collaboration
Renaud Dalmar
Réalisation
Séverine Liatard
Production déléguée
Séverine Cassar
Réalisation
Victor Macé de Lépinay
Production déléguée
Maryvonne Abolivier
Collaboration
Anne Fleury
Réalisation
Anaïs Kien
Anaïs Kien
Anaïs Kien
Production déléguée