France Culture
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Si Gaston Bachelard (1884-1962) se réfère à Henri Bergson (1859-1941) de façon récurrente, tout au long de son oeuvre, et paraît se réapproprier certains thèmes de sa pensée, il n'en demeure pas moins nécessaire d'examiner l'ambivalence du lien qui unit le philosophe barbu né à Bar-sur-Aube avec le philosophe au crâne chauve né à Paris. Il convient d'éclairer la portée d'une relation philosophique dont l'importance est ressentie depuis longtemps et dont le ressentiment touche de nombreux domaines de la philosophie française contemporaine. Que lit-on de Bachelard aujourd'hui ? Pourquoi Bergson est-il revenu sur le devant de la scène ? La métaphysique a-t-elle définitivement supplanté la dialectique ? Quels rapports entretiennent ces deux monstres sacrés avec la science ? En 1915 Bergson pouvait se vanter d'appartenir à une tradition philosophique s'étant toujours astreinte à parler le langage de tout le monde, la philosophie était capable à ses yeux de la même précision que la science positive. La proximité avec la science était alors une évidence pour le lecteur. Et dès son premier livre en 1889, Bergson travaille sur les données issues de la psychophysiologie naissante. Bachelard de ce point de vue poursuivra l'aventure avec ce qu'il nomme lui-même le tonus rationaliste ou en référence au surréalisme son surrationalisme. Mais ce n'est pas parce que l'un et l'autre s'intéressent à la science qu'ils furent les heureux témoins du mariage de la conscience et de la connaissance. La rupture entre les deux hommes fut consommée avant la publication des bans. Comment rendre compte aujourd'hui de cette relation empreinte de continuité et de discontinuité entre les deux oeuvres ? Ce sera la question du jour ...

L'équipe

Philippe Petit
Production
Thomas Dutter
Réalisation
Anne-Catherine Lochard
Collaboration