Publicité
En savoir plus

Au seuil de la mort, il refusait de s'alimenter, il était persuadé que « la structure du monde » était manipulée par le diable et que celui-ci lui avait versé du poison dans ses aliments. Il ne pesait plus alors que 31 kilos. Les hommes de son temps le considérait avec raison comme un très grand logicien, à l'égal de son ancêtre Aristote. Et pourtant, la peur des fantômes était sa hantise, la crainte des anges était son quotidien. Disciple de Leibniz, il croyait, comme lui, qu'il existe une genèse de la vie psychique, régie par un équilibre instable entre nos perceptions les plus immédiates, les plus globales, et nos petites appétitions, nos petites perceptions, telles les vibrations de l'oeil, la sensation de déjà vu, le pressentiment d'une rencontre, qui sont la preuve de notre présence au monde, mais aussi de notre inquiétude, et de notre malaise de vivant. Mais à l'inverse de Leibniz, il n'était pas un baroque. Le clair-obscur qui habitait son âme ne lui servait pas vraiment de filtre pour orienter sa vie ou se faire entendre de ses congénères; les lueurs de son esprit ne l'aidait pas à se reconquérir. Son corps fragile et maigre était incapable de se rassembler, de s'appartenir, de se réaliser dans un corps collectif, public, autrement que sur le mode de l'empêchement. Il était un génie, un immense logicien, un philosophe même, mais un philosophe méconnu. Il craignait en fait de passer pour un « fou ». Il avait la phobie du gaz, il avait peur des démons, il se passionnait pour la télépathie. Il voulut, dans sa grandeur, sauver l'esprit de la machine, en arguant de sa réflexivité. Il voulut contourner le matéralisme et se mesurer à d'autres mondes possibles où les opérations n'auraient pas le dernier mot. Il s'appelait Kurt Gödel (1906-1978) et c'est de lui dont nous allons parler aujourd'hui

Références

L'équipe

Philippe Petit
Production
Thomas Dutter
Réalisation