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Depuis la loi du général de Grammont de 1850 et les élans zoophiliques de Jules Michelet et Victor Hugo, les animaux ont gagné en protection. Mais ce qu'ils ont gagné en droit, ils ne l'ont pas encore gagné en sociabilité. Pour la plupart des philosophes, les animaux sont nos inférieurs. Ils ne peuvent faire partie de la société des hommes. Pourtant, comme le remarque l'éthologue Boris Cyrulnik, « les animaux ont toujours participé à la condition humaine ». Ils nous ont toujours aider à mieux appréhender notre humanité et à redéfinir notre place dans la Nature. Et comme Koko, « Le gorille qui parle », dans le film de Barbert Schroeder, ils nous permettent d'interroger notre espèce. Autant de signes, de ce cousinage d'entre nous et les bêtes, dont parlait Montaigne, et que la science contemporaine remet à l'honneur. Ainsi, l'examen des travaux scientifiques menés depuis un demi-siècle fait la preuve que les capacités cognitives et affectives des animaux ont été jusqu'ici sous-estimées. Et que dire de la sexualité que nous avons commune avec eux. Sur ce point au moins, les animaux peuvent entrer en complicité avec nous. Certaines espèces - éléphants, grands singes, mammifères marins - mettent au monde bien plus que des petits, des enfants: le temps de la maturation passe par un statut social attaché à un espace générationnel spécifique. Il ne suffit pas de rappeler que l'homme partage avec les chimpanzés un génome commun à 99%,4. Il faut aussi comprendre la biodiversité amoureuse. La sexualité complique, avec raffinement, la reproduction des espèces et parfois la limite. Le sexe complique la vie et isole les espèces. Mais l'espèce ne se fixe et ne s'isole que dans un court moment de stabilité génétique, renforçant ses manifestations séduisantes. « Les gens n'ont de charme que par leur folie » disait Deleuze. Les espèces n'ont d'existence que par les défis qu'elles lancent aux autres espéces et à leur propre famille naturelle. Ainsi vont les mâles et les femelles qui tirent chacun de leur côté sur la même corde et tentent d'entraîner l'autre vers ce travail reproducteur. Ainsi va le saumon qui remonte les sources et se suicide au terme d'un dernier élan reproducteur ? Sur quoi repose cet élan et comment les sexes se rencontrent dans la nature ? Il se pourrait bien que la réponse à cette question soit la clé de l'aventure du vivant...

Références

L'équipe

Philippe Petit
Production
Thomas Dutter
Réalisation