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Il est des responsables d'entreprises qui le comparent à une maladie de la volonté et qui le tiennent pour une machine de guerre contre l'esprit de liberté et d'initiative. Il est des professeurs qui l'accusent d'hégémonie en étant parvenu à s'imposer comme le principe cardinal de gestion de crise en France, et en particulier les crises sanitaires. Quel est donc ce principe autoritaire, puisque c'est de principe qu'il s'agit, qui se présente aux yeux de ses détracteurs, comme un véritable sécuritarisme destructeur ! Il s'agit, on l'aura compris, du principe de précaution. Il incarne selon eux le mal en personne. Il engendrerait l'inhibition et gèlerait l'innovation, au point de séparer l'humanité en deux, d'un côté les riscophobes, de l'autre les riscophiles, en un mot, les frileux et les courageux. C'est dire à quel point ce fameux principe de précaution est un opérateur conceptuel ! Trêve d'ironie, la question de savoir si ce principe méritait vraiment d'être inscrit dans notre Constitution n'est pas totalement absurde. Et celle qui consiste à se pencher sur la manière de mener un débat public ayant trait à l'environnement ou à la santé, non plus. Mais une chose est de débattre du risque sanitaire ou nucléaire. Une autre est d'anticiper le pire. Que la peur ait gagné ou pas les esprits suite à l'annonce de ce qui fut présenté comme une pandémie, personne n'oubliera l'épidémie de grippe A (H1N1) et ses excès. Aussi, quand ce n'est pas pour des raisons philosophiques, c'est pour des raisons de morale pratique, que le principe de précaution est contesté. « On l'attaque de toutes parts comme la cause principale de la pusillanimité française » s'inquiétait Bruno Latour en 2007. Comment s'y retrouver ? Faut-il se méfier du principe de précaution dans le domaine de la santé ? Faut-il lui accorder sa confiance ? Ce seront les questions du jour...

Références

L'équipe

Philippe Petit
Production
Thomas Dutter
Réalisation