Que reste-t-il d'Auguste comte?

France Culture
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Avec
  • Michel Bourdeau Directeur de recherche émérite au CNRS, membre de l'Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques.
  • Bruno Karsenti
  • Jean-François Braunstein philosophe et historien des sciences, professeur de philosophie contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

"Positiviste": l'adjectif, de nos jours, a mauvaise presse. Le positivisme passe aujourd'hui pour une sorte de plat réalisme. Auguste Comte, le fondateur de la doctrine, serait-il la victime d'un injuste destin. « Positivisme fut une école, il est une injure » disait Michel Serres en 1974. Il n'en a pas toujours été ainsi. Gambetta voyait en Comte le plus grand penseur du siècle ! Le positivisme a en effet dominé la seconde moitié du XIXe siècle et une bonne partie du XXe. Et ce, aussi bien en science qu'en politique. Une influence telle qu'on ne peut guère la comparer qu'à celle du marxisme. Pour Auguste Comte, les temps anciens étaient terminés. Selon sa célèbre "loi des trois états", exposée dès la première leçon de son Cours de philosophie positive, sa grande oeuvre en six tomes parue entre 1830 et 1842, la connaissance était passée, et de façon définitive, d'un "stade théologique", expliquant le monde par l'action de puissances surnaturelles, puis "métaphysique", par celle d'entités abstraites, au stade "positif", scientifique, fondé sur l'observation des phénomènes physiques concrets et l'énonciation de lois de concordance entre eux, susceptibles d'être vérifiées par l'expérience. Contre les "chimères" d'antan, il s'agissait donc, pour Comte, d'éntériner cette évolution inéluctable et d'inventer une véritable philosophie de l'Esprit. Que reste-t-il de Comte et pourquoi suscite-t-il aujourd'hui un regain d'intérêt ? C'est ce que nous allons tenter d'éclaicir.....

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