Siège de Presstalis
Siège de Presstalis
Siège de Presstalis ©AFP - MEHDI FEDOUACH
Siège de Presstalis ©AFP - MEHDI FEDOUACH
Siège de Presstalis ©AFP - MEHDI FEDOUACH
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Résumé

Après le confinement, la crise n'épargne pas les médias et les plans d'économie s'accumulent. Qui est concerné et pourquoi ? Comment (ré)inventer des modèles économiques pérennes ? Nous en parlons avec l'économiste des médias Julia Cagé.

avec :

Julia Cagé (Économiste, spécialiste de l’économie des médias).

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Une fabrique médiatique avec un invité unique pour regarder ce que le coronavirus et ses effets collatéraux, le confinement et la crise économique ont fait aux médias. Paris Normandie racheté par un groupe belge, disparition de Grazia, rachat de France-Antilles et Nice Matin par Xavier Niel, faillite du groupe Presstalis (principal distributeur de journaux français), difficultés économiques au Parisien et à L’Equipe, vague de départs à L’Express… La presse était déjà en crise avant le confinement, le monde d’après sera-t-il sans presse ? Dans quel état sortent les médias de ce début d’année exceptionnelle ? Pour cette dernière Fabrique médiatique de la saison, nous avons convié l’économiste spécialiste des médias Julia Cagé, professeure d’économie à Sciences Po Paris, autrice en 2015 de Sauvez les médias (Seuil)

Le coronavirus représente une telle crise pour la presse car la presse est encore trop dépendante des revenus de la publicité. Et pendant le confinement c'est le marché publicitaire qui s'est entièrement effondré. La plupart des revenus publicitaires des chaines d'infos se sont effondrés et donc ces chaines ont perdu une source majeure de leur revenus. 

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Pour la presse quotidienne régionale, il y a eu un retard dans l'investissement au numérique. L'audience de la presse locale est plus âgée que la presse nationale donc il y a un attachement au papier. Mais elle souffre de l’effondrement de la publicité et des petites annonces. Il faut penser à un soutient de l'Etat à la presse locale sinon on fait un mourir un bout de notre démocratie.

L’information est un bien publique. Il faut des médias à but non lucratifs, car si on laisse les médias dans une logique purement de marché on a des médias qui ferment et des journalistes qui souffrent. C’est la dernière occasion de remettre à plat tout un système. Je pense à des modèles alternatifs qui donneraient plus de poids aux lecteurs pour permettre de retisser le lien de confiance entre lecteurs et médias. 

Pour aller plus loin 

La crise sanitaire oblige les journaux à repenser leur avenir, Le Monde

Crise à Presstalis : sept éditeurs de presse indépendants font entendre leur voix, Le Un

Disparu des kiosques pendant le confinement, le magazine « Grazia » ne prépare pas de retour,Le Monde

Au «Parisien», du chômage partiel et de l'inquiétude, Libération

L’Equipe veut baisser les salaires et les congés, encourage les départs en retraite, Capital

Julia Cagé : "Il faut sauver les médias et se battre pour ce bien public", Les Inrockuptibles

L'État accorde un prêt de 35 millions d'euros au distributeur Presstalis, La Tribune

Médias : le tant attendu crédit d'impôt communication écarté par Bercy, Les Echos

« Il faut démocratiser l’entreprise pour dépolluer la planète », Tribune collective Le Monde

À lire aussi : Julia Cagé : "Le retour de l'austérité serait la réponse la plus absurde à cette crise"

Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
Assia Khalid
Réalisation
Roxane Poulain
Collaboration
Stéphanie Villeneuve
Production déléguée