Latifa Ibn Ziaten, mère de l'une des victimes de Mohammed Merah
Latifa Ibn Ziaten, mère de l'une des victimes de Mohammed Merah ©AFP - CITIZENSIDE / sadak souici
Latifa Ibn Ziaten, mère de l'une des victimes de Mohammed Merah ©AFP - CITIZENSIDE / sadak souici
Latifa Ibn Ziaten, mère de l'une des victimes de Mohammed Merah ©AFP - CITIZENSIDE / sadak souici
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C'était le premier procès du terrorisme islamiste en France. Un procès long et éprouvant. Comment ne pas se sentir concerné, voire touché, même en tant que journaliste ?

Avec
  • Cécile Ollivier Journaliste à BFMTV, spécialiste justice-police
  • Florence Sturm Journaliste à France Culture, chroniqueuse judiciaire

Le verdict est donc tombé jeudi soir, après cinq semaines d’un procès sous haute tension. Abdelkader Merah, frère de Mohammed Merah, surnommé « le tueur de Toulouse », a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Il a en revanche été acquitté de l’accusation de complicité d’assassinat.

De l’avis de tous, ces cinq semaines de procès ont été longues et éprouvantes. Peut-être parce que la douleur des familles est encore vive. Peut-être aussi parce que c’était le premier grand procès du terrorisme islamiste. En tout cas il se jouait là autre chose que le jugement des deux hommes dans le box des accusés. Le procès d’un mort, Mohammed Merah, et derrière lui de ces attaques qui ont ensanglanté la France depuis 5 ans. Une catharsis nationale en quelque sorte. Avec toute l’émotion qu’elle véhicule. Un procès symbolique donc.

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Comment, dans ces conditions, éviter un traitement émotionnel d'un tel procès ? On en discute avec Florence Sturm de France Culture et Cécile Ollivier de BFMTV.

Cécile Ollivier : C'était hors norme par l'intensité des tensions et des émotions. Journalistes, dessinateurs, greffier, c'est la première fois que je vois un procès où tant de gens se sont mis à pleurer.

Florence Sturm : En tant que journaliste j'essaie de traiter l'émotion comme observatrice. Je l'observe et je l'enregistre dans ma tête. Ça me touche mais j'essaie de la mettre à distance.