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Lectures de l'essai de Michel Lussault, « L’Avènement du monde : Essai sur l’habitation humaine de la terre » (éditions Le Seuil)

Avec :

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Magali REGHEZZA

Patrick BOUCHERON

Matthieu POTTE-BONNEVILLE

Magali Reghezza : « Quand on parle de mondialisation, la plupart du temps on se réfère à ce que nous, géographes, appelons la globalisation, c’est-à-dire cette phase du capitalisme actuel qui s’est affranchi des frontières des états. […] Mais pour un géographe, la mondialisation c’est autre chose : ça n’est pas qu’une acception économique, mais c’est véritablement ce que dit Michel Lussault « l’avènement du monde », d’une entité « monde ». Il faut revenir au problème de la distance : les lieux sur la planète ne sont pas les uns sur les autres, ils sont distants physiquement. Cette distance représente un problème parce qu’elle a un coût technique, humain, environnemental. Or, du fait des progrès techniques, cette distance a pu être dépassée, de sorte qu’aujourd’hui on peut aller toujours plus loin, toujours plus vite et à moindre coup. […] Du coup, cette planète devient un lieu unique. […] La terre et la planète coïncident avec le monde. Ça a des conséquences pour les scientifiques, parce que nous avons aujourd’hui une nouvelle échelle pour penser le monde. »

Patrick Boucheron : « Je trouve que c’est un livre très vigoureux, très dynamique, qui a le mérite de faire front à un certain ton apocalyptique. […] Lui, il prend position pour ce que j’appellerais une mondialisation heureuse. […] C’est un certain rapport au monde qui est celui des pays développés et des habitus universitaires. […] Il pense que l’urbanisation en est le premier vecteur. »

Matthieu Potte-Bonneville : « La force de ce livre est de poser la question de ce qui diffère aujourd’hui assez radicalement d’hier. Et de poser la question en des termes contemporains et non nostalgiques. […] Le livre s’ouvre comme le livre d’Hannah Arendt qui s’appelle « Conditions de l’homme moderne » […] La différence est que là où Hannah Arendt voyait de l’inquiétude, une forme de perte du monde, Lussault considère cet arrachement-là comme une manière de ressaisir le monde dans sa globalité comme un tout, un véritablement « avènement ». Il y a un double effort dans ce livre pour d’une part prendre acte de ce qu’il y a de neuf aujourd’hui dans l’interconnexion généralisée et d’autre par pour ne pas rapporter cet état à un état antérieur qu’il nous faudrait regretter. »

**Sons diffusés : **

  • Archive de Michel LUSSAULT dans « La suite dans les idées » 20.04.13 (deux extraits)
  • Extrait du film « Mondovision » de Giovanni Sample
  • « Fuego » interprété par Bomba Estereo

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Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du * 02.05.13 * intitulée « * Ophélie GAILLARD et Bernard SEVE », cliquez ici.*

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