Philippe Djian
Philippe Djian ©AFP - Joel Saget
Philippe Djian ©AFP - Joel Saget
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"Marlène" vient de sortir chez Gallimard : un roman qui joue sur le féminin/masculin, qui relate le retour à la vie normale de deux vétérans d'Afghanistan. Impasse ou fuite en avant, Philippe Djian renoue avec une veine sombre qui lui sied plutôt bien.

Avec

Fossette au menton, cigarette au bec, en veste ou perfecto, l'homme en noir est l'auteur de 37°2 le Matin, adapté par Jean-Jacques Beineix, de Vers chez les Blancs, d'Impardonnables, porté à l'écran par André Téchiné, d'Incidences par les frères Larrieu et de Oh...! devenu Elle dans la caméra de Paul Verhoeven, César du meilleur film cette année.

"Mon combat : se rendre compte que c'est le regard de certains artistes qui fait qu'à un moment, votre vision du monde peut changer. On parle beaucoup d'un manque de repère : la langue peut nous aider à savoir qui nous sommes, et comment nous rendre utiles. L'écrivain nous amène à trouver un regard. "

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"Les écrivains aussi servent à la société, à mettre en place un ciment de cohésion sociale. Ceux qui s'intéressent à la langue plutôt qu'à l'histoire font oeuvre de salut public."

Philippe Djian, La Grande Table

Marlène est un roman de la chute plutôt que de la réparation, les esprits craquent, les corps tombent, avec des thématiques chères à leur auteur : la normalité, la folie, le caractère insondable des âmes...

"Mon livre n'est pas sur la guerre, mais sur ce retour. Sur ces êtres cabossés qui voient la normalité comme solution, à tort"

L'auteur dévoile son rapport à son travail, la manière dont il se positionne en tant qu'écrivain dont les oeuvres ont été portées à l'écran, donc lui ont partiellement échappé. Quelle solution pour écrire aujourd'hui ? Quelle place prend le dialogue dans ses romans très oraux qui s'adaptent particulièrement bien visuellement ?

"Depuis Shakespeare, on ne peut rien inventer de nouveau : la seule chose qu'on peut faire, c'est changer de position, faire un pas de côté pour raconter la même histoire de base. Ce pas de côté, c'est travailler la langue."

"Un dialogue est là pour montrer que la personne peut mentir, se tromper: sous-texte, rythme à part, fait pour être lu et non dit"

Philippe Djian, La Grande Table

Sons diffusés :
- Extrait du film "Elle", réalisé par Paul Verhoeven

Pour retrouver Jean-François Bayart en deuxième partie d'émission, cliquez ici

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Claire Mayot
Production déléguée
Henri Le Blanc
Collaboration
Clémence Mary
Collaboration
Peire Legras
Réalisation