Jessye Norman en 2012 au John F. Kennedy Center for the Performing Arts ©Radio France - JASON KEMPIN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
Jessye Norman en 2012 au John F. Kennedy Center for the Performing Arts ©Radio France - JASON KEMPIN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
Jessye Norman en 2012 au John F. Kennedy Center for the Performing Arts ©Radio France - JASON KEMPIN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
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Résumé

Caroline Broué est allée, à Londres, à la rencontre de la légendaire soprano américaine Jessye Norman. Dans cette entretien la cantatrice évoque le racisme qu'elle a rencontré très jeune, à l'âge de cinq ans, et qu'elle a combattu sans relâche.

avec :

Jessye Norman (cantatrice américaine (Augusta,15 septembre 1945 - New York, 30 septembre 2019)).

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Emission exceptionnelle aujourd'hui dans les deux parties de la Grande Table. Caroline Broué est allée à Londres à la rencontre de la légendaire soprano américaine Jessye Norman. Au cours de cette deuxième partie, Caroline Broué aborde la question du racisme et de la couleur de la peau. La couleur, pour la cantatrice, sert à définir une voix mais pas à définir un individu : 

Quand je pense à une voix, je lui attribue toujours une couleur. Pour moi, la contralto afro-américaine Marian Anderson, c'était de l'or fondu. Ce son incroyable qui sortait de son corps, c'était un son tellement puissant et riche, elle tranchait comme une étoile argentée. Jessye Norman

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Le racisme apparaît dans sa vie à l'âge de cinq ans, lorsqu'elle souhaite s’asseoir dans un bus et qu'elle découvre les places réservées aux "Colored people". Au cours de sa carrière, le racisme a imprimé sa marque indélébile :

Il faut revenir au début de ma carrière sur scène. J’avais été invitée à chanter un rôle allemand, la quintessence de la femme allemande dans un opéra allemand en Allemagne. J’avais 23 ans et il y avait ce directeur de l’opéra de Berlin qui n’a pas vu la couleur de ma peau, mais uniquement la couleur de ma voix. Plus tard, dans une autre grande ville d’Europe, lors d’une représentation, le chef d’orchestre me dit : "Chantez tout ce que vous voulez sauf Sieglinde dans "La Walkyrie" de Wagner. Elle est tellement Allemande, vous ne pouvez pas la chanter". "Mais pourquoi ? Lui dis-je. J’ai enregistré la totalité des neufs Walkyries au Metropolitan Opera et là ce serait impossible ?" Le chef était vraiment étroit d’esprit. Pour changer les voix et les cœurs des gens, il faut plus que des lois votées par des gouvernements. Je crains que le racisme ne soit omniprésent dans le monde entier. Jessye Norman

Toute sa vie, Jessye Norman a voyagé, mais elle n'en demeure pas moins américaine. En 2008, le premier président noir des Etats-Unis est élu, un signe fort pour la cantatrice. Le président Barack Obama lui remet la Médaille nationale des arts des mains en 2009 :

Le jour de l'investiture d'Obama, beaucoup d'hommes politiques savaient déjà comment faire pour le faire trébucher. Leur désir, c'était qu'il ne fasse qu'un seul mandat. Le gouvernement se compose de trois piliers qui doivent composer ensemble : le législatif, l’exécutif et la justice. Pour la première fois, nous nous sommes dotés d'un système de maladie, comme chez vous, en France. Notre démocratie était en retard sur ce point. Jessye Norman 

Nous manquons de respect envers les Amérindiens et les Afro-américains. Bien sûr, les choses se sont améliorées mais il y a encore beaucoup de choses à faire. Le président Obama ne peut pas changer d'un coup toute cette nation, même en deux mandats. Jessye Norman 

Retrouvez la playlist composée par Jessye Norman 

Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
Jeanne Aléos
Collaboration
Aude Tortuyaux
Chronique
Raphaël Bourgois
Raphaël Bourgois
Raphaël Bourgois
Production déléguée
Philippe Baudouin
Réalisation
Boris Pineau
Boris Pineau
Boris Pineau
Collaboration
Clémence Mary
Collaboration
Thibaut Sardier
Collaboration