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Le dernier invité de La Grande Table aujourd'hui est Eloi Laurent , économiste à l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE), enseignant à Sciences-Po Paris et à Stanford, à l'occasion de la parution de son dernier essai Le bel avenir de l’Etat-providence , aux éditions Les Liens qui Libèrent.

Magali Reghezza , géographe et maître de conférences à l'ENS d'ULM, est aux côtés de Caroline broué et d'Antoine Mercier pour mener la discussion avec notre invité.

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Eloi Laurent affirme que la faute historique commise par l'Europe a été de vouloir démanteler l'Etat-providence. Suite aux résultats des élections européennes, et la montée des extrêmes-droites, cette affirmation n'est-elle pas hautement confirmée ?

Eloi Laurent : Ces résultats ont en fait mis à jour deux pôles contraires de pensée en Europe. D'une part, certains sont pour le démantèlement de l'Etat-providence, et d'autre part se développe ce que j'appelle la social-xénophobie. Les pays nordiques, qu'on voit pourtant comme des modèles parfaits d'Etats-providence, accueillent des contre-modèles, qui visent bien à défendre les Etats-providence, mais contre les immigrés. Ce sont des forces qui le défendent sur des logiques xénophobes et racistes.

Nous n'avons pas retenu les leçons de notre histoire. L'histoire, c'est cela, une idéologie qui s'ajoute aux événements. Et en Europe, actuellement, l'idéologie consiste à dire que l'Etat-providence est responsable du déclin européen. Or, dans le monde entier ce qu'on admire dans l'Europe, c'est l'Etat-providence.

Le XXe siècle a été le siècle des risques sociaux. Jusqu'à ce qu'ils soient pris en charge par l'Etat-providence. ça a été une vraie révolution ! Le XXe siècle, comme siècle de violence a aussi été le siècle du miracle absolu du développement humain.

Le XXIe siècle, lui, sera celui des crises environnementales. Deux choix s'offrent à nous : soit, on ne fait rien, soit on crée les institutions nécessaires. Il faut sortir de l'incertitude qui caractérise la question écologique (on ne peut prévoir les crises), pour l'appréhender à partir de la notion de risque, et ainsi voir qui est reponsable de quoi, avec quelle conséquence pour qui. C'est cela qui permettra de sortir de l'inégalité et d'avancer vers l'égalité.

** "Désamorcer la charge moralisatrice de la question pour la politiser."**

Retrouvez les Idées au quotidien de Raphaël Bourgois à 12h55 : une nouvelle chronique qui poursuit la réflexion sur les résultats des élections européennes et la crise de la démocratie participative qu'ils ont mise en exergue. Le dernier numéro de la revue du Mauss propose une alternative positive à cette crise sous le titre Du Convivialisme comme volonté et comme espérance .

Ecoutez ou réécoutez la première partie de la Grande Table, en cliquant ici.

Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
Jeanne Aléos
Collaboration
Aude Tortuyaux
Chronique
Raphaël Bourgois
Production déléguée
Brigitte Masson
Collaboration
Clémence Mary
Collaboration
Somany Na
Réalisation
Thibaut Sardier
Collaboration