"Peter von Kant" de François Ozon et "Decision to leave" de Park Chan-Wook - Carole Bethuel // Diaphana distribution
"Peter von Kant" de François Ozon et "Decision to leave" de Park Chan-Wook - Carole Bethuel // Diaphana distribution
"Peter von Kant" de François Ozon et "Decision to leave" de Park Chan-Wook - Carole Bethuel // Diaphana distribution
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Résumé

En débat, les films de deux réalisateurs sous influence : Park Chan-Wook inspiré par Hitchcock et François Ozon par Fassbinder.

avec :

Thierry Chèze (Journaliste, critique de cinéma, directeur de la rédaction du magazine Première, animateur de télévision et de radio), Antoine Guillot (journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture).

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La Grande Table critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute.

Au sommaire, deux films : Decision to Leave de Park Chan-Wook, (prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2022, en salles) & Peter von Kant de François Ozon (en salles le 6 juillet).

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🎥 - "Peter von Kant" de François Ozon

Le film : Au départ il y a une pièce de théâtre signée Rainer Werner Fassbinder devenu un film, “Les larmes amères de Petra Von Kant”, sorti en 1972, l’histoire d’une créatrice de mode sur le retour, qui maltraite une assistante, et tombe sous le charme d’une jeune apprentie mannequin qu’elle héberge chez elle. François Ozon transpose le schéma dans un autre genre, puisque les femmes y sont des hommes, et dans un autre milieu, puisqu'il ne s’agit plus de mode mais de cinéma. Peter est un réalisateur et son amant un jeune acteur...

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L’avis des critiques : (Extraits)

►►► Ce que j’aime chez Ozon c’est qu’il y va. Comme il fait un film par an, il y a une certaine énergie qui moi me séduit. Avec ce film-là, une fois poser le fait qu’on change tout, j’y vois beaucoup d’hommage et peu de Ozon. J’y vois beaucoup de malice et en même temps je vois toutes les coutures. Tout me paraît sur-fabriqué, ce qui est aussi un des attraits du film, mais sur la longueur, j’ai eu un peu de mal, notamment avec le personnage d’Isabelle Adjani qui depuis quelques années est abonnée aux rôles d’actrices qui ont été stars et qui essayent de le rester. Une fois les archétypes posés, j’assiste en tant que spectateur à des choses qui me plaisent, d’autres moins mais je ne rentre jamais dans le film, à une exception : Denis Ménochet. A chaque fois qu’il parait, il m’amène ailleurs, il amène une fragilité, quelque chose de plus délirant, une incarnation qui transporte ailleurs.  Sinon, je suis resté à la surface. Thierry Chèze

►►► Ozon invente le mélo de boulevard. Par le côté théâtral qu'il a souhaité, on n’est jamais dans l’émotion, dans le côté Sirkien que Fassbinder commençait à chercher à l’époque. Là, on voit des comédiens qui jouent des personnages, mais on ne voit jamais le personnage. C’est assez frustrant. On voudrait pouvoir s’abandonner mais ce n’est jamais le cas. Chez Fassbinder, il y avait la mise à distance et le côté premier degrés. C’était ça son cocktail incroyable. Là, il n’y a qu’un des deux. C’est un film ultra référencé. On pourrait se dire que c’est peut être un porte d’entrée pour découvrir le cinéma de Fassbinder mais ça peut aussi avoir l’effet inverse. Antoine Guillot

►►►La figure de Fassbinder est trop forte pour Ozon. Il l’aime tellement qu’on a parfois l’impression qu’il fait un film pour lui et en oublie le spectateur. C’est loin d’être un film désagréable, notamment grâce à Denis Ménochet, mais je me suis vraiment senti exclu par moments. Les portes d’accès sont quasiment verrouillées. C’est un film, totalement personnel, presque trop qui de ce fait manque d’altruisme. Thierry Chèze

🎧 Pour aller plus loin... Ecoutez l'intégralité des avis de nos critiques en cliquant sur le lecteur en haut de page.

  • Plus d'informations : Peter von Kant de François Ozon sortira en salles le 6 juillet

🎥 - "Decision to Leave" de Park Chan-Wook

Park Chan Wook est sud-coréen, il est né en 1963, il est le réalisateur de Old Boy ou Mademoiselle plus récemment. Decision to leave est un film noir, l’histoire d’un inspecteur de police qui, enquêtant sur la mort suspecte d’un homme tombé du haut d’une montagne pendant une séance d’escalade, tombe sous la fascination de sa femme, qui se trouve aussi être la principale suspecte. Le film a reçu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes.

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L’avis des critiques : (Extraits)

►►► Le parcours de Park Chan Wook est intéressant parce qu’après s’être fait une réputation dans des films violents, très érotique, voire les deux, là, il s’essaye à une forme plus classique, un peu bâtarde, entre le film policier et le mélodrame avec une structure éminemment hitchcockienne. Il va passer sans arrêt de l’un à l’autre, avec un scénario assez bien ficelé, même si une fois qu’on a compris le principe du retournement au milieu, l’ennui guette un peu. Le problème, c’est que d’un côté il montre qu’il a envie de faire quelque chose qui ne soit pas aussi facilement séducteur ou provocateur qu'auparavant, et de l’autre, il prend au pied de la lettre l’idée de François Truffaut selon laquelle il faut qu’il y ait une idée par plan, et il veut qu’elle se voit. Cela donne parfois de très belles choses et parfois ça ne dit rien d’autre que regardez ce que j’ai fait. Il y a des plans purement gratuits. C’est un souci parce que tout à coup, on voit qu’il a voulu faire le malin et on sort du film au lieu de se laisser emporter. Tout cela à l’air vain alors que ça pourrait être une très belle et forte histoire assez perverse. Antoine Guillot

►►► Les excès de mise en scène de Park Chan Wook, font le charme et parfois l’agacement de ce film. Tout ce qu’il y a là, il l’a toujours fait dans ses films. Ses mises en scènes ont toujours été visibles et finalement on se dit que c’est la continuation, qu’en effet il s’est un peu assagi, mais c’est aussi un sale gosse qui va nous dire : « Je me suis assagi mais regarder ce que je vais pouvoir vous faire ». J’ai plutôt été emporté par ce film. Ses 2h18 ne m’ont pas parues ennuyeuses parce qu’il se passe toujours quelque chose. Je trouve qu’il filme magnifiquement les deux comédiens principaux. Il y a un plaisir à être témoin de la manière dont il les regarde, , même quand on ne sait pas encore tout à fait ce qu’il va se passer, et cela participe au charme fou de ce film. Thierry Chèze

🎧 Pour aller plus loin... Ecoutez l'intégralité des avis de nos critiques en cliquant sur le lecteur en haut de page.

Références

L'équipe

Lucile Commeaux
Production
Peire Legras
Réalisation
Boris Pineau
Collaboration
Aïssatou N'Doye
Collaboration