"L'Odyssé. une histoire pour Hollywood" de Krzysztof Warlikowski et "Kliniken" de Julie Duclos
"L'Odyssé. une histoire pour Hollywood" de Krzysztof Warlikowski et "Kliniken" de Julie Duclos
"L'Odyssé. une histoire pour Hollywood" de Krzysztof Warlikowski et "Kliniken" de Julie Duclos - Magda Hueckel // Simon Gosselin
"L'Odyssé. une histoire pour Hollywood" de Krzysztof Warlikowski et "Kliniken" de Julie Duclos - Magda Hueckel // Simon Gosselin
"L'Odyssé. une histoire pour Hollywood" de Krzysztof Warlikowski et "Kliniken" de Julie Duclos - Magda Hueckel // Simon Gosselin
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Résumé

La Grande Table Critique : chaque vendredi, une poignée de critiques passionnés échangent et se disputent autour de films, de livres, d’expositions, de disques, de bande-dessinées, etc… On y parle de l’actualité culturelle avec enthousiasme et contradiction.

avec :

Philippe Chevilley (Chef du service culture des Echos), Victor Inisan (Chercheur au Centre d'études des arts contemporains à l'Université de Lille).

En savoir plus

Cette semaine, nos critiques débattent de deux spectacles : "Kliniken" de Julie Duclos d’après Lars Noren à découvrir jusqu'au 26 mai au Théâtre de l'Odéon à Paris et "L'Odyssée. Une Histoire pour Hollywood" de Krzysztof Warlikowski (d’après l’Odyssée d’Homère, Le Roi de coeur et Les Retours de la mémoire d’Hanna Krall), à voir jusqu'au 21 mai au Théâtre de la Colline à Paris. Découvrez leurs avis …

❖  -  "Kliniken" de Julie Duclos d'après Lars Noren

Pour son retour à l’Odéon, après Pelléas et Mélisande, Julie Duclos s’approprie la pièce chorale du dramaturge suédois et livre dans un décor à la fois réaliste et poétique son regard cru mais rempli d’humanité sur ceux que la société s’obstine à reléguer à la marge. Écriture du réel, mais aussi fresque des temps modernes, drôle et bouleversante, Kliniken nous place en face de nous-mêmes et, par un effet de miroir, de la folie du monde contemporain.

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Le spectacle :

Dans la salle commune d’un hôpital psychiatrique, les patients se croisent et cohabitent, évoquent leur passé, leurs rêves, leurs projets. Markus a 18 ans, comme Sofia et Roger. Maud et Martin ont passé la quarantaine. Il y a aussi Anders, Anne-Marie, Mohammed... Et l’infirmier Tomas, dont on se demande dès le début s’il ne ferait pas plutôt partie des patients. Les frontières entre normalité et folie sont brouillées, ici les blessures ou les secrets surgissent au fil des conversations, se faisant l’écho de notre monde et de ses violences. Dans ce lieu où chacun fait comme il peut, Lars Norén accompagne les personnages sans jugement, se tenant au plus près de leur singularité.– Présentation du théâtre de l’Odéon-

L'avis des critiques : (extraits)

►►► Le côté réaliste, et onirique à la fois, du texte et de la mise en scène m'a gêné. Julie Duclos se plante à l'endroit du réalisme et à l'endroit de l'onirisme parce qu’elle trace une sorte de ligne de démarcation entre les deux. D'un côté, le réalisme n'est jamais mystérieux et de l'autre, l'onirisme est beaucoup de l’ordre de l'esthétisme mais pas vraiment de l'ordre des situations. (…) Maxime Thébaud (qui joue Markus, un schizophrène qui ne parle pas) est absolument fascinant à voir. Victor Inisan

►►► Tout le travail de Julie Duclos pour s'emparer de ce texte de Lars Noren, dans une langue à la fois très simple et très brute, est assez passionnant. Il y a un humilité assez évidente dans ce spectacle. Philippe Chevilley

Pour aller plus loin... Ecoutez l'intégralité des avis de nos critiques en cliquant sur le lecteur en haut de page.

❖ - "L'Odyssée. Une Histoire pour Hollywood" de Krzysztof Warlikowski

Le spectacle :

Tentative de rentrer chez soi, l’odyssée pour l’histoire européenne s’est achevée dans l’indicible des camps d’extermination. Face à la politique ultra-conservatrice, intolérante et brutale du gouvernement polonais en place, Krzysztof Warlikowski cherche à résister contre l’amnésie destinée à déformer l’Histoire, en mettant en parallèle l’odyssée d’Homère et celle moderne d’Izolda. Cette héroïne des années quarante a elle-même provoqué sa déportation pour retrouver son mari. Des années plus tard, elle raconte son histoire à la romancière Hanna Krall. 
Ce spectacle, digne d’un scénario hollywoodien, emprunte autant aux épisodes homériques qu’aux écrits de l’écrivaine et journaliste polonaise pour ouvrir des brèches poétiques. Il propose une méditation sur la survie et l’immortalité, tout en faisant ressortir la dimension universelle des angoisses contemporaines.

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L'avis des critiques : (extraits)

►►► Ce n’est pas un grand spectacle de Warlikowski, mais c'est quand même une réussite. On sent tout le talent de Krzysztof Warlikowski à monter, à fabriquer des histoires, à les associer et les imbriquer ensemble. Chaque bout d'histoire est comme teintée, un peu marquée par sa cohabitation avec le labyrinthe de toutes les autres. Ça fonctionne très bien. Victor Inisan

►►► Le fait de n’être pas confronté à un sens, mais sans doute à plusieurs, et que ces sens nous échappent, me donne le sentiment de retrouver l'essence du théâtre, qui n'est pas de nous asséner un manifeste philosophique, mais justement de nous entraîner des questionnements parfois sans réponse. Philippe Chevilley

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Références

L'équipe

Lucile Commeaux
Production
Boris Pineau
Collaboration
Peire Legras
Réalisation
Aïssatou N'Doye
Collaboration