Anni Albers - Black White Yellow - J. Albers Homage to the Square, Homage to the Square: Guarded, et Aufwärts (Upward) // Chicago, 1957, Vivian Maier
Anni Albers - Black White Yellow - J. Albers Homage to the Square, Homage to the Square: Guarded, et Aufwärts (Upward) // Chicago, 1957, Vivian Maier - 2021 The Josef and Anni Albers Foundation/Artists Rights Society (ARS), New York/ADAGP, Paris, 2021 // Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, NY
Anni Albers - Black White Yellow - J. Albers Homage to the Square, Homage to the Square: Guarded, et Aufwärts (Upward) // Chicago, 1957, Vivian Maier - 2021 The Josef and Anni Albers Foundation/Artists Rights Society (ARS), New York/ADAGP, Paris, 2021 // Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, NY
Anni Albers - Black White Yellow - J. Albers Homage to the Square, Homage to the Square: Guarded, et Aufwärts (Upward) // Chicago, 1957, Vivian Maier - 2021 The Josef and Anni Albers Foundation/Artists Rights Society (ARS), New York/ADAGP, Paris, 2021 // Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, NY
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En débat cette semaine les expositions « Anni et Josef Albers – L’art de la vie » au musée d’Art Moderne de la ville de Paris et « Vivian Maier » au musée du Luxembourg. Découvrez l’avis de nos critiques

Avec
  • Stéphane Corréard Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
  • Sarah Ihler-Meyer Critique d'art et commissaire d'exposition

La Grande Table Critique : chaque vendredi, une poignée de critiques passionnés échangent et se disputent autour de films, de livres, d’expositions, de disques, de bande-dessinées, etc... On y parle de l’actualité culturelle avec enthousiasme et contradiction.  

Au sommaire deux expositions : la première « Anni et Josef Albers – L’art de la vie » au musée d’Art Moderne de la ville de Paris, est consacrée à ce couple emblématique du Bauhaus, à deux pionniers du modernisme et la seconde, sobrement intitulé « Vivian Maier » à découvrir au musée du Luxembourg, s'intéresse à l’une des plus grande photographe du XXe siècle.  

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Pour en parler, aux côtés de Lucile Commeaux : Sarah Ihler-Meyer, critique d’art et commissaire d’exposition, et Stéphane Corréard, Critique d'art, directeur du salon Galeristes 

🖼  -  Exposition : « Anni et Josef Albers - L'art et la vie »

Anni Albers (née Annelise Fleischmann, 1899-1994) et Josef Albers (1888-1976) se rencontrent en 1922 au Bauhaus et se marient trois ans plus tard. Ils partagent d’emblée la conviction que l’art peut profondément transformer notre monde et doit être au cœur de l’existence humaine : « Les œuvres d’art nous apprennent ce qu’est le courage. Nous devons aller là où personne ne s’est aventuré avant nous. » (Anni Albers)     

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L’exposition :

Cette exposition inédite consacrée à Anni et Josef Albers, rassemble plus de trois cent cinquante œuvres (peintures, photographies, meubles, œuvres graphiques et textiles) significatives du développement artistique des deux artistes. Au-delà de la présentation très complète de leurs créations respectives, il s'agit de la première exposition en France dédiée au couple formé par les deux artistes. C'est en effet ce lien intime et très complice qui leur a permis, tout au long de leur vie, de se soutenir, de se renforcer mutuellement, dans un dialogue permanent et respectueux. Ils ont non seulement produit une œuvre considérée aujourd'hui comme la base du modernisme, mais ont aussi imprégné toute une nouvelle génération d'artistes de leurs valeurs éducatives. 

Dès le début de leur travail, les deux artistes placent ainsi la fonction de l’art au cœur de leur réflexion. Ils adhèrent non seulement à la revalorisation de l’artisanat et aux atouts de la production industrielle (Bauhaus) pour rendre possible la démocratisation de l’art, mais ils estiment aussi que la création joue un rôle essentiel dans l’éducation de chaque individu. Ils ne cessent de démontrer, en tant qu’artistes mais aussi enseignants, l’impact incommensurable de l’activité artistique sur la réalisation de soi et, plus largement, sur la relation avec les autres. Forts de ces valeurs, ils cherchent à amener leurs élèves vers une plus grande autonomie de réflexion et à une prise de conscience de la subjectivité de la perception. Selon eux, l’enseignement ne se réduit pas à transmettre un savoir théorique déjà écrit mais consiste au contraire à susciter constamment des interrogations nouvelles : d’abord par l’observation sensible du monde – visuel et tactile –qui nous entoure ; puis par la découverte empirique que comporte l’expérimentation créatrice avec les matériaux à portée de main, sans préjuger de leurs valeurs esthétiques. « Apprenez à voir et à ressentir la vie, cultivez votre imagination, parce qu’il y a encore des merveilles dans le monde, parce que la vie est un mystère et qu’elle le restera. Mais soyons-en conscients. » (Josef Albers) – Extrait de la présentation du MAMVP-   

L’avis des critiques :

Leurs pratiques se répondent. Il s'agit dans les deux cas d'un art radical, ce qu'on voit très clairement dans l'exposition. Radical au sens étymologique, c'est à dire un art qui veut revenir à la racine, à ce qui constituerait ses principes premiers. Pour la peinture avec Josef Albers ce sont les interactions entre les couleurs. Avec Anni Albers ce sont les lignes orthogonales et les motifs géométriques qui renvoient à la structure même du tissage. Ce qui est étonnant de ce point de vue-là, c'est que leur démarche n'aboutit pas pour autant à l'inventaire d'un variant, c'est à dire avec des formes, des couleurs et des motifs qui seraient constants, toujours identiques à eux-mêmes. Au contraire, on voit que chacun de ces éléments est infiniment variable en fonction des combinaisons dans lesquelles il s'inscrit. Sarah Ihler-Meyer

Il y a une révolution qui se passe au milieu de l’exposition : leur découverte de l'art précolombien. C'est très bien documenté, avec des photographies et même des albums que fait Josef Albers où il reporte ses voyages. D'ailleurs, les photos de Josef Albers sont pour moi un temps fort de l'exposition. Il y a des montages photographiques où il assemble plusieurs tirages du même sujet légèrement différents sur le même carton_._ Et ça, c'est vraiment un grand art de la mise en page. Stéphane Corréard 

Plus d’informations

  • Exposition : " Anni et Josef Albers - L'art et la vie" - Du 10 septembre 2021 au 09 janvier 2022 au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris - sera également présentée à l'IVAM (Instituto Valenciano de ArteModerno) à Valence, Espagne, du 15 février au 20 juin 2022.
  • Un catalogue est publié aux éditions Paris Musées

Pour aller plus loin :

54 min

🖼  -  Exposition : « Vivian Maïer », une des plus grande photographe du XXe siècle

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L’exposition :

Le parcours de Vivian Maier (New York, 1926 – Chicago, 2009) est atypique mais c’est pourtant celui d’une des plus grandes photographes du XXe siècle. C’est au cœur de la société américaine, à New York dès 1951 puis à Chicago à partir de 1956, que cette gouvernante d’enfants observe méticuleusement ce tissu urbain qui reflète déjà les grandes mutations sociales et politiques de son histoire. C’est le temps du rêve américain et de la modernité surexposée dont l’envers du décor constitue l’essence même de l’œuvre de Vivian Maier. L’exposition permet au public d’accéder pour la première fois à des archives inédites de la photographe, découvertes en 2007 : photographies vintages que Vivian Maier a pu tirer, films super 8 jamais montrés, enregistrements audio… L’exposition permet ainsi de saisir toute l’ampleur de l’œuvre de cette grande artiste et de replacer son œuvre dans l’histoire de la photographie.

L’avis des critiques :

D’un côté, les critiques semblent emballés par la qualité d’une œuvre inclusive à l'attention à la fois intime et sociale à l’égard de ses sujets…

Elle sait capter des moment comme suspendus au sein de la vie urbaine, désynchronisés par rapport au rythme car elle photographie ce qu'on peut appeler les flux urbains. Il s'agit par exemple de dormeurs sur des bancs publics ou de personnes qui sont accoudées à des murs et qui semblent plutôt affaiblies, fatiguées. [...] Je trouve ses portraits forts car elle les fait toujours avec un Rolleiflex. C'est un appareil qui se tient en dessous de la poitrine, ce qui fait que ses photos sont en légères contre plongée. Ça donne une puissance et une dignité à ses sujets, quel que soit leur statut social.  Sarah Ihler-Meyer

C'est une exposition très riche qui montre son attachement à la photographie humaniste auquel souvent on la compare parce qu'elle immortalise des scènes de rues pittoresques avec des personnages, des trognes, des enfants, des vieux, des jeunes, etc. Néanmoins, elle s'en distingue parce qu'elle a une vision extrêmement inclusive et large de la société américaine. D'ailleurs, le photographe Allan Sekula, qui a été un de ses premiers acheteurs après sa découverte, dit qu'elle a une idée très fondamentale et ouverte de ce qui constitue l'Amérique, et à côté de laquelle sont passés beaucoup de photographes des années 1950 et 1960. Stéphane Corréard

De l’autre, les choix curatoriaux divisent les critiques… 

Le contrecoup du fait qu'elle n'a laissé que très peu de témoignage de son rapport à son art, parce qu'elle n'a ni exposé ni écrit dessus, c'est que la commissaire prend de grandes libertés. Par exemple, on ne sait rien sur la vie de Viviane Maier, ni les contextes dans laquelle elle a évolué, voyagé et fait ses photographies. En revanche, on est saturé de citations littéraires dont le rapport avec le travail est au mieux poétique, au pire obscur. […] Je trouve que le fait que qu'elle soit une photographe effacée ne devrait pas autoriser les autres à se prendre pour des Pygmalion vis à vis de son travail. Stéphane Corréard

Plus d’informations

Pour aller plus loin :

58 min
%C3%A0%20lire : 1949%20%3A%20Vivian%20Maier%2C%20la%20couleur%20du%20hasard%20
1 min

Le coup de ♥ de Stéphane Corréard pour l'exposition "Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986 - 1993)" 

Artiste, réalisateur, scénariste, musicien, drag amoureux du music-hall, acteur, militant des droits homosexuels, Derek Jarman (1942–1994) est une des figures qui a marqué de son empreinte un moment précis de la culture britannique mais aussi européenne. Il est décédé à 52 ans du sida en 1994. C’est à la fois sa position politique et artistique que souhaite saluer ce projet, ces deux points constituant une partie importante de la programmation du Crédac. Plus d'informations : " Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986 - 1993)" - A voir jusqu'au 19 décembre au CREDAC  à Ivry

Cette exposition revient sur la manière très déterminée dont Jarman a voulu laisser une trace. […] Il y a vraiment tout son quotidien de malade et toute cette rage de dire cette situation. Il est l'un des premiers artistes à avoir dit qu'il était atteint par le sida et à le documenter en quelque sorte au quotidien. C'est donc extrêmement émouvant. Stéphane Corréard