La réalisatrice québécoise Monia Chokri, 72e édition du Festival de Cannes, 15 mai 2019
La réalisatrice québécoise Monia Chokri, 72e édition du Festival de Cannes, 15 mai 2019
La réalisatrice québécoise Monia Chokri, 72e édition du Festival de Cannes, 15 mai 2019 ©AFP - Valery HACHE / AFP
La réalisatrice québécoise Monia Chokri, 72e édition du Festival de Cannes, 15 mai 2019 ©AFP - Valery HACHE / AFP
La réalisatrice québécoise Monia Chokri, 72e édition du Festival de Cannes, 15 mai 2019 ©AFP - Valery HACHE / AFP
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Résumé

À l’occasion de la sortie en salle de "Babysitter" ce 27 avril 2022, Monia Chokri aborde avec nous la construction de son dernier long-métrage, qui remet en cause avec humour la domination et la misogynie contemporaine.

avec :

Monia Chokri (Actrice, réalisatrice).

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Xavier Dolan remarque chez elle « une intransigeance envers la médiocrité ». C’est ainsi avec intelligence, subtilité et humour que Monia Chokri créé des personnages dont l’imperfection interroge notre rapport à la société. Elle nous dit alors : « je trouve intéressant de raconter une histoire : on observe le monde, voilà les questions qu'on se pose et qu’est-ce que vous en pensez ? ». « Au-delà de mon ego, de savoir si je suis une bonne cinéaste, j’ai l’impression que je peux avoir un dialogue intéressant avec le public ».

Ainsi, dans son premier long-métrage, La Femme de mon frère (2019), Monia Chokri donnait à voir une femme trentenaire, célibataire, morose. Elle interrogeait le couple, le rapport à la famille et aux injonctions pesant sur la femme.

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Pour Babysitter, son deuxième long métrage qui sort en salle mercredi 27 avril, Monia Chokri adapte la pièce de la metteuse en scène québécoise Catherine Léger au cinéma. La trame narrative est la même : Cédric se rend avec des amis à un match de MMA. Éméché, il embrasse une journaliste sportive. L’image fait le tour du Québec. Cédric est licencié. Il se questionne alors sur cette masculinité toxique, incorporée et instituée. « Ce geste est un déclencheur pour raconter un système. Pour moi, c’est surtout un film sur les rapports de domination, comment on aborde le pouvoir » raconte Monia Chokri. Avec son frère, parfaite incarnation du "wokisme" contemporain, Cédric entreprend alors l’écriture de Sexist story, un livre questionnant les fondements de sa misogynie.

Alors, ce film est-il une ode au féminisme ? « On me demande souvent si je suis féministe, si mon film est féministe. Ça m’a beaucoup surprise en arrivant ici (...) Pour moi, le féminisme, c’est simple, c’est très décomplexé. C’est simplement souhaiter l’égalité entre hommes et femmes, dans le respect de la différence ». En outre, ce film est peut-être davantage un questionnement sur la domination masculine et les rôles genrés qui nous sont alloués dès le plus jeune âge : « Cédric va explorer sa part de féminité, Nadine explore une forme de masculinité : c’est avec cette exploration qu’ils vont se regarder dans les yeux et discuter ». Réfléchir en passant par l'humour, voilà le parti pris de Monia Chokri.

En savoir plus : Donbass : le quotidien dans les tranchées

Extraits sonores :

  • Extrait de Quelqu’un a touché ma femme par Arno, Naive Records, 2010
  • Bande-annonce de Babysitter par Monia Chokri, en salle le 27 avril 2022
  • Extrait d'un entretien de John Waters dans Boomerang, France Inter, 11 juin 2020
Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Lila Boses
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration
Anna-Livia Marchaison
Collaboration