Portrait d'Audur Olafsdottir, écrivaine Islandaise, lauréate du Prix Médicis Etranger 2019, Paris, 8 Novembre 2019 ©Getty - Sophie Bassouls / Sygma
Portrait d'Audur Olafsdottir, écrivaine Islandaise, lauréate du Prix Médicis Etranger 2019, Paris, 8 Novembre 2019 ©Getty - Sophie Bassouls / Sygma
Portrait d'Audur Olafsdottir, écrivaine Islandaise, lauréate du Prix Médicis Etranger 2019, Paris, 8 Novembre 2019 ©Getty - Sophie Bassouls / Sygma
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Résumé

Prix Médicis étranger pour "Miss Islande" en 2019, Auður Ava Ólafsdóttir publie "La Vérité sur la lumière" (2021, Zulma). Un récit cousu avec poésie sur une lignée de "mères de lumière", traduction littérale de sage-femme en islandais, dont se dégage tendresse et beauté.

avec :

Audur Ava Olafsdottir (Ecrivain).

En savoir plus

L'écrivaine islandaise Auður Ava Ólafsdóttir s'est d'abord fait connaître en France grâce à son merveilleux Rosa Candida (2010, Zulma). Après quelques romans, Ör (2017, Zulma) l'autrice affirmait son talent pour broder les mots en univers tendres et difficiles à quitter, ce que le prix Médicis étranger remporté pour Miss Islande en 2019 nous a confirmé : dans les paysages volcaniques de l'Islande à peine mondialisée des années 60, Hekla tente de devenir écrivaine tandis que son amie Isey, mère au foyer, s'échappe secrètement par les mots écrits dans des carnets ensuite cachés derrière des pots de farine. 

Les Islandais ont un peu un esprit "hakuna matata", ça va aller, alors qu'il paraît que vous, les Français, êtes les plus pessimistes et réalistes. [...] En Islande, on est confrontés aux éruptions, aux tempêtes. Le temps change cinq fois par jour, mais on reste stoïques à affronter les catastrophes naturelles alors que pour les petites choses du quotidiens on s'affole. C'est ma méthode en écriture aussi : utiliser les petites choses du quotidien pour les faire signifier des choses plus grandes. (Auður Ava Ólafsdóttir)

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Avec La Vérité sur la lumière (2021, Zulma), Auður Ava Ólafsdóttir poursuit une ode à ses ancêtres déjà ébauchée dans ses livres précédents. Issue d'une lignée de sages-femmes, Dyja est à son tour "mère de la lumière" et s'apprête à faire naître son 1922è enfant alors qu'un ouragan menace. 

Mes romans sont nés du désespoir, du crépuscule ; et ils vont du noir à la lumière, à l'espoir. C'est un roman sur la survie. C'est pour cela que je ne tue pas mes personnages, comme dans les polars. C'est trop facile. La question c'est : comment survivre ? La question qui se pose dans La Vérité sur la lumière c'est ''en quoi sommes nous bons ?''. Pour parler de la lumière, il faut parler du noir, pour parler de la vie, il faut parler de la mort. (Auður Ava Ólafsdóttir)

Installée dans l'appartement vintage de sa défunte grand-tante Fifa, Dyja apprivoise les lieux, observe les broderies de son aïeule mais surtout, déchiffre les manuscrits mystérieux que celle-ci lui a légués. S'y trouvent, pêle-mêle, des témoignages de sages-femmes récoltés à travers la lande par l'arrière-grand-mère de Dyja ainsi que les observations de Fifa sur la planète et la faune, sur la lumière et la vie. 

Avec ses trois manuscrits, elle essaye de comprendre l'homme. Mais ils sont inachevés. Elle renonce à comprendre l'homme. Elle ne croit pas en l'homme, mais elle croit que l'espoir de l'homme réside chez l'enfant, chez les poètes – car l'homme est le seul animal à raconter des histoires et à écrire de la poésie – et aussi chez ceux qui ont su garder leur âme pure d'enfant. Mais elle renonce à terminer ces manuscrits donc renonce à comprendre la bête humaine et se met à tricoter et faire de la broderie. (Auður Ava Ólafsdóttir)

Dans ce roman d’Auður Ava Ólafsdóttir, l'homme est plus vulnérable que jamais, telle une dernière feuille sur un arbre, ballotée par le vent. Une vie n'est plus qu'une fragile lumière hivernale qui s'allume sans raison, puis s'éteint avant que l'on ait compris pourquoi. 

J'aime ce mot "fragilité". Pour moi, ce roman est une ode à la fragilité. Fragilité de l'homme et sa faiblesse aussi...qui peut devenir notre force. Nous ne pouvons pas voler, donc nous construisons les avions. Ainsi, si on le voulait, on pourrait trouver des solutions au problème climatique, avec notre cerveau réputé être cinq fois trop gros comparé à la taille de notre corps. (Auður Ava Ólafsdóttir)

32 min

Extraits sonores : 

  • « L’été en Islande, la lumière est un miracle », Steinunn Sigurdardottir, Hors-champ, France Culture, 09.06.2011
  • « Sage-femme, une femme sage ? », Chantal Birman, L’heure Bleue, France Inter, 19.10.2021