Christine Angot
Christine Angot - photo (c) Bouchra Jarrar
Christine Angot - photo (c) Bouchra Jarrar
Christine Angot - photo (c) Bouchra Jarrar
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Dans "Le Voyage dans l'Est" (Flammarion, 2021), Christine Angot reprend le récit de sa vie, marquée au sceau de la relation incestueuse que lui impose son père : une narration qui s'attache aux points de vue successifs de l'enfant, de l'adolescente puis de l'adulte qui tente de se reconstruire.

Avec

Christine Angot a obtenu ce mardi 26 octobre 2021 le prix Medicis pour son livre Le Voyage dans l'Est (Flammarion). A l'occasion de la rentrée littéraire 2020, elle venait en parler dans la Grande Table au mois d'août 2021.

Avec son nouveau roman, Christine Angot propose au lecteur non seulement un " voyage dans l'Est", mais aussi et surtout un voyage dans l'enfance de l'autrice, trajet plus psychologique que géographique, qui inscrit le vécu de l'inceste dans une chronologie intime et subjective.

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Loin de la littérature de témoignage à laquelle elle se défend d'appartenir, Christine Angot nous parle de son roman, qui reprend avec précision et continuité l'histoire de l'inceste subi à treize ans.

Cette petite fille, je la suis. A tous les sens du verbe suivre et du verbe être. Elle est là. Elle est devant vous. (Christine Angot)

Cette histoire ne peut se dire qu'avec les mots particuliers de la littérature, qui s'opposent à ceux, univoques et obligatoires, utilisés dans les médias.

Il faut des mots, particuliers, et pas des concepts applicables à tout le monde, et qui font disparaître la singularité. La victime d’inceste, ça n’existe pas. (Christine Angot)

Ces mots "vidés" qui reviennent dans l'injonction à la libération de la parole ne remplacent pas, pour l'écrivaine, ceux "remplis" de l'écriture. Une écriture de reconstitution marquée par la quête du réel.

Il n'y a rien qui soit facile à écrire de toute façon. Ecrire, c'est faire en sorte que le réel s'arrache à l’inattrapable, s’arrache au souvenir,  et soit reconnaissable par tous. Et si ce n’est pas le réel qui est écrit, on s'ennuie. (Christine Angot)

32 min

Extraits sonores : 

  • Marguerite Duras, Archive Ina, 1984
  • Hervé Guibert, Apostrophes, 1990