L'artiste plasticienne Françoise Pétrovitch pose à côté d'un de ses "Fumeurs" à son exposition au Fonds Hélène et Edouard Leclerc de Landerneau, France. ©AFP - Jean-François Monier
L'artiste plasticienne Françoise Pétrovitch pose à côté d'un de ses "Fumeurs" à son exposition au Fonds Hélène et Edouard Leclerc de Landerneau, France. ©AFP - Jean-François Monier
L'artiste plasticienne Françoise Pétrovitch pose à côté d'un de ses "Fumeurs" à son exposition au Fonds Hélène et Edouard Leclerc de Landerneau, France. ©AFP - Jean-François Monier
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Résumé

Des figures d'hommes et d'animaux, la légèreté d'un pinceau, le dessin comme manière de vivre, l'artiste plasticienne Françoise Pétrovitch s'expose dans sa première rétrospective à Landerneau, au fonds Hélène et Edouard Leclerc.

avec :

Françoise Pétrovitch (artiste plasticienne).

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Du lavis d'encre sur papier, à la céramique en passant par le bronze et l'huile sur toile, l'artiste plasticienne Françoise Pétrovitch ne cède devant rien. Un aperçu de son œuvre polyforme est exposé dans la première rétrospective de l'artiste au Fonds Hélène et Edouard Leclerc de Landerneau. 

Tout à coup, ma vie est étendue et reconcentrée dans l'espace de l'exposition. C'est assez important car c'est rare. Il faut avoir un âge pour avoir une rétrospective, et je crois que je commence à avoir cet âge. (Françoise Pétrovitch) 

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Sa pratique artistique très axée sur le geste physique est éclatée entre diverses techniques. Les principes formels qui la traversent forment néanmoins la colonne vertébrale de cette pratique. 

Le dessin, le médium avec lequel elle a commencé à travailler, lui permet de faire coexister le très grand et le très petit. Depuis, son œuvre se décline à toutes les échelles : des lavis d'encre monumentaux aux dessins miniatures inscrits dans les marges de cahiers d'écoliers. 

Je pense avec le dessin. (Françoise Pétrovitch) 

De sa pratique du dessin, elle a aussi conservé la légèreté de son trait qui donne de l'importance au fond blanc qu'elle laisse apparaître sous ses traits d'encre ou de peinture. 

La ligne n'existe pas dans la nature, on la fabrique. [...] Je vais la commencer au milieu puis je vais me déplacer dans cette ligne-là, et cela change la façon de travailler. Je dessine à plat, mon corps va tourner, c'est une relation dans l'espace aussi. (Françoise Pétrovitch) 

Des motifs récurrents mais toujours réinventés

Ses personnages se retrouvent ainsi dépourvus de contextes et de décors. Le regard absent ou fuyant, ils flottent dans des décors aqueux, introspectifs et indéfinis. 

Sans regard, on ne regarde pas la personne, on regarde une peinture. Regarder une peinture, c'est prendre du temps, être en silence, faire venir tout ce qu'on connaît en littérature, chez les autres artistes peintres, mais c'est aussi se situer dans un moment d'arrêt. Je crois assez fortement que la peinture nous arrête et nous concentre. (Françoise Pétrovitch) 

L'œuvre de Françoise Pétrovitch est traversée par des motifs qui reviennent sous différentes formes sans jamais se répéter : les âges de la vie, les animaux, les mains, les regards fuyants ou absents, parmi d'autres. Puisque l'artiste imagine son œuvre comme un espace de transformation, les identités représentées sont malléables et en devenir. Franchissant les frontières entre le féminin et le masculin, entre le mort et le vivant et entre l'homme et l'animal, les personnages de Pétrovitch sont fluides et en mouvement perpétuel – tout comme le travail même de l'artiste, qui se réinvente au fil des nouvelles techniques auxquelles il se confronte. 

Il y a des métamorphoses, des prolongements, comme des vocabulaires de formes qui n'iraient pas tout à fait ensemble mais qui forment tout de même un tout. (Françoise Pétrovitch)

L'exposition "Françoise Pétrovitch", à voir à la halle des Capucins de Landerneau (Fonds Hélène et Edouard Leclerc) jusqu'au 3 avril 2022. 

Extraits sonores : 

  • Fabienne Verdier, "Qu'est-ce que peindre?", A voix nue : grands entretiens d'hier et d'aujourd'hui, France Culture, 16/09/2020
  • Gérard Fromanger, France Culture, 2019
  • Kiki Smith, "La femme-louve", La Grande Table culture, France culture, 18.10.19
  • Tirzah, "Send Me", Colourgrade, Domino Recording, 2021
Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration