Soldat séparatiste dans les ruines de l'aéroport international de Donetsk, Donbass, Ukraine, le 18.09.2016.
Soldat séparatiste dans les ruines de l'aéroport international de Donetsk, Donbass, Ukraine, le 18.09.2016.
Soldat séparatiste dans les ruines de l'aéroport international de Donetsk, Donbass, Ukraine, le 18.09.2016. ©Getty - Joao Bolan / SOPA Images / LightRocket
Soldat séparatiste dans les ruines de l'aéroport international de Donetsk, Donbass, Ukraine, le 18.09.2016. ©Getty - Joao Bolan / SOPA Images / LightRocket
Soldat séparatiste dans les ruines de l'aéroport international de Donetsk, Donbass, Ukraine, le 18.09.2016. ©Getty - Joao Bolan / SOPA Images / LightRocket
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Résumé

C'est par le prisme de deux artistes que nous observons les événements de l'Ukraine aujourd'hui. L'écrivain ukrainien Andreï Kourkov, auteur du roman "Les Abeilles grises" (2022), est notre invité, en dialogue avec le photojournaliste Guillaume Herbaut reconnu pour son travail en Ukraine.

avec :

Guillaume Herbaut (photographe), Andreï Kourkov (Ecrivain).

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Nous recevons aujourd'hui deux artistes et nous penchons sur le regard qu'ils posent sur l'invasion de la Russie en Ukraine depuis la nuit du 23 février 2022.

Né à Léningrad en 1961, l'écrivain Andreï Kourkov devient ukrainien lorsque sa famille s'installe à Kiev en 1962. Refusant d'intégrer le KGB en 1980, il est envoyé à Odessa pour être gardien de prison. C'est à ce moment-là que Kourkov commence à écrire, publiant Pingouin, son premier roman, en 1996. Depuis, Andreï Kourkov a enchaîné les romans, dont quatorze sont traduits en français. Avec son regard acéré et ironique, Andreï Kourkov observe la vie dans les sociétés postsoviétiques. Lorsqu'il prend part à la Révolution orange, pro-européenne, en 2014, il écrit le Journal de Maïdan, chronique de la Révolution de l'Euromaïdan. Dans son dernier roman, Les Abeilles grises (éditions Liana Levi) qui paraît en ce début d'année 2022, Andreï Kourkov use de ses talents de conteur pour se saisir du conflit ukrainien qui s'est installé progressivement depuis sept ans, campant son récit dans la "zone grise" du Donbass. "Je savais qu'il y avait déjà presque 300 romans et récits écrits sur la guerre à Donbass, mais personne n'avait écrit sur la vie des civils qui s'y trouvaient. J'ai décidé de leur donner voix. [...] Ce sont des gens ordinaires, qui cherchent à survivre. La guerre les a forcés à comprendre le pays où ils habitent." Il nous raconte aussi en direct son expérience personnelle et l'actualité qu'il vit à Kiev : "J'ai été réveillé par les explosions à cinq heures du matin. Il y a quarante minutes, il y a eu des explosions à Kiev à nouveau. [...] Poutine veut reconstruire l'Union Soviétique ou l'Empire Russe. Je ne croyais pas qu'une telle agression serait possible. On ne sait pas encore avec ma femme si nous restons dans le centre-ville ou si nous partons à 90km vers l'Est de Kiev. [...] Il faut défendre l'indépendance de l'Ukraine par n'importe quel moyen. Sinon, les prochains pays qui seront attaqués, ce seront les Pays baltes, ou peut-être la Pologne."

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Guillaume Herbaut est quant à lui journaliste et photographe français, membre fondateur du collectif L'Œil public, créé en 1995. Actif en Ukraine depuis 2001, il a photographié la zone interdite de Tchernobyl et a particulièrement suivi de décembre 2013 à mai 2014 la crise dans ce pays de Kiev à Slaviansk. Il nous parle de son dernier reportage : "C'était sur la ligne de front, dans les tranchées, auprès des soldats. C'était fin janvier. C'était extrêmement troublant, car tout était très calme, contrairement au mois de novembre où j'avais déjà passé trois semaines là-bas dans les tranchées, où à partir de 4h, il y avait des tirs de roquette, de mitraillettes... On avait vraiment l'impression d'être dans le calme avant la tempête." Guillaume Herbaut ajoute : "Il y a dix jours, les civils, à Kiev, s'entraînaient. C'était extrêmement touchant. Ils avaient des mitraillettes en bois et ils s'entraînaient à se positionner avec des kalachnikov. On voyait des mères de famille, des jeunes qui avaient à peine 18 ans. On sentait la détermination dans leur regard."

"Cette guerre de l'image a déjà commencé en 2014, puisque la propagande russe a été extrêmement forte dès le début de la guerre en 2014. En tant que photographe, on s'interroge toujours sur la manière d'être le plus juste possible pour intégrer du contexte et du sens pour raconter les choses", explique Guillaume Herbaut.

32 min

Extraits sonores :

Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration