Mathieu Pernot, Beyrouth, 2020
Mathieu Pernot, Beyrouth, 2020 - Mathieu Pernot
Mathieu Pernot, Beyrouth, 2020 - Mathieu Pernot
Mathieu Pernot, Beyrouth, 2020 - Mathieu Pernot
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Le photographe Mathieu Pernot présente à la fondation Henri Cartier-Bresson son exposition “La Ruine de sa Demeure”. Un voyage sur les traces de son grand-père à Beyrouth, mêlant ruines contemporaines et antiques au Liban, en Syrie et en Irak.

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Le photographe Mathieu Pernot présente à la fondation Henri Cartier-Bresson son exposition “ La Ruine de Sa Demeure”. Un voyage sur les traces de son grand-père à Beyrouth, mêlant ruines contemporaines et antiques au Liban, en Syrie et en Irak. Mathieu Pernot nous raconte : "Cet album de mon grand-père est réalisé en 1926, un an après que mon grand-père se soit installé au Liban, pays dans lequel il va vivre pendant vingt cinq ans. En 1926, il va visiter les ruines anciennes du Moyen-Orient dans la tradition du Grand Tour. (…) J'ai regardé autrement cet album à partir du moment où la guerre civile syrienne a éclaté. (…) C'est là qu'est venue, progressivement, l'idée de refaire ce voyage."

L’exposition “La Ruine de sa Demeure” de Mathieu Pernot est un voyage dans l’espace et dans le temps. Dans l’espace, puisqu’il propose une itinérance au Liban, en Syrie puis en Irak, en partant de l'appartement de famille à Beyrouth. Dans le temps, puisqu'il donne à voir les ravages des désastres contemporains de la guerre en Syrie, des ravages de l'Etat Islamique en Irak ou encore de l'explosion au Liban. "Il y a un déroulé à la fois chronologique et géographique de cette exposition. Il commence par les photographies de mon père, et finit par les photographies des ruines retrouvées dans les maisons de Mossoul. Entre ce premier et ce dernier portrait, il y a un voyage qui se déroule sur ce territoire marqué par la destruction", nous dit Mathieu Pernot. C'est avec des photos de famille anonymes qu'il retrouve dans les maisons abandonnées de Mossoul que finit son exposition, comme pour achever cet entremêlement de l'intime et du national.  Faisant dialoguer les images, Mathieu Pernot nous emmène entre délabrement et reconstruction, entre histoire intime familiale et Histoire de ces pays.

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Sur les lieux dévastés, il tente de saisir à travers son objectif le silence qui s'impose après le désastre. "Je ne suis pas un photographe de guerre. Dans le moment qui suit la fin de la guerre, ce moment de silence qui précède la reconstruction est absolument bouleversant, avec ces gens qui reviennent dans ces lieux détruits et essayent de se réapproprier les lieux" affirme Mathieu Pernot. Celui-ci insiste sur la double dimension contradictoire du motif de la ruine : "Il y a quelque chose de séduisant, dans une ruine. Rien n’est plus beau dans un lieu qui a été détruit, mais qui est toujours là, qui montre une forme de présence et d’absence à la fois. Mais il ne faut pas oublier que des familles ont vécu dans ces ruines, que ce sont des histoires tragiques et douloureuses. Devant ces ruines, j'ai été confronté à l’impossibilité d’imaginer ce qu’a pu être la vie là-bas." 

33 min

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