L'écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr le 15 juin 2018 à Saint-Malo (France) ©Getty - Sophie Bassouls / Sygma
L'écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr le 15 juin 2018 à Saint-Malo (France) ©Getty - Sophie Bassouls / Sygma
L'écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr le 15 juin 2018 à Saint-Malo (France) ©Getty - Sophie Bassouls / Sygma
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Résumé

Dans son quatrième roman, "La plus secrète mémoire des hommes" (Philippe Rey, 2021), Mohamed Mbougar Sarr nous livre une enquête littéraire labyrinthique et étourdissante qui questionne le pouvoir de l'écriture et le face-à-face entre Afrique et Occident.

avec :

Mohamed Mbougar Sarr (romancier, prix Goncourt 2021 pour son livre "La plus secrète mémoire des hommes").

En savoir plus

Mohamed Mbougar Sarr a obtenu ce 3 novembre 2021 le prix Goncourt pour son roman La plus secrète mémoire des hommes. Ecoutez cet entretien autour de ce livre et de ses ambitions, dans "la Grande Table" au mois de septembre dernier.

Après avoir abordé le sujet de l'homosexualité, des jihadistes du Sahel et de la migration, Mohamed Mbougar Sarr livre son quatrième roman La plus secrète mémoire des hommes (Philippe Rey, 2021) en lice pour les prix Goncourt, Médicis, Renaudot et Femina. Il mène une enquête littéraire entre le Sénégal, la France et l'Argentine dans laquelle on retrouve la mémoire de la colonisation, de la Première Guerre mondiale, de la Shoah. A la recherche de quoi ? 

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Je crois que comme écrivain, on cherche quelque chose dans le langage, dans le mot, dans la phrase, dans ce qui nous entoure (...). On ne sait pas toujours ce qu'on cherche, ou la raison pour laquelle on écrit, mais c'est de cette ignorance ou sensation que naît le mouvement vers l'écriture, vers le désir de vérité. (Mohamed Mbougar Sarr) 

Mais l'enquête part aussi à la recherche d'un écrivain oublié, T.C. Elimane (inspiré de l'écrivain Yambo Ouologuem, prix Renaudot 1968). Dans un labyrinthe entre vérité et fiction, Mohamed Mbougar Sarr joue avec son lecteur :

C'est cette confusion entre le vraisemblable et ce qui relève de l'invention qui me semble intéressante. Car entre les deux il y a un espace : l'espace de la révélation. (Mohamed Mbougar Sarr)

Y a-t-il une sortie à ce labyrinthe ? 

Il n'y a pas de sortie, il faut rester dans le labyrinthe du texte. Il ne propose pas de sortie, il n'y a que des impasses mais c'est dans ces impasses qu'il y a les questions essentielles. (Mohamed Mbougar Sarr) 

Mohamed Mbougar Sarr parvient à questionner le pouvoir de la littérature : peut-elle sauver ? Peut-elle soigner ? Que peut-elle face à l'horreur de la guerre ou à l'embrasement d'une révolte ? Doit-elle parler pour les sans-voix ? 

A travers son roman polyphonique, Mohamed Mbougar Sarr semble suggérer que la littérature peut en tout cas constituer une alternative à l'antagonisme entre le continent européen et le continent africain. La littérature pourrait être le "troisième continent".

Lorsqu'on est entre deux eaux, deux territoires, il faut toujours en créer un troisième où l'on se retrouve. Je pense que ce territoire est d'abord un territoire poétique. C'est là qu'on se réconcilie d'abord. (Mohamed Mbougar Sarr) 

32 min

Extraits sonores: 

  • Yambo Ouologuem, invité de l'émission En toutes lettres, RTF, 6.11.68
  • Archive de Roberto Bolaño, "Solo Literatura", Off the record
  • Felwine Sarr, invité de La Grande Table idées, France Culture, 06.01.21