Des cordistes installent différents filets dans la cathédrale Notre-Dame pour réceptionner les débris - Patrick Zachmann
Des cordistes installent différents filets dans la cathédrale Notre-Dame pour réceptionner les débris - Patrick Zachmann
Des cordistes installent différents filets dans la cathédrale Notre-Dame pour réceptionner les débris - Patrick Zachmann
Publicité
Résumé

Le photographe Patrick Zachmann, le premier autorisé à documenter la cathédrale Notre-Dame de Paris après l'incendie de 2019, est notre invité aujourd'hui.

avec :

Patrick Zachmann (photographe).

En savoir plus

Patrick Zachmann est membre de l’agence Magnum (agence photographique créée notamment par Robert Capa et Henri Cartier-Bresson en 1947 à New York qui regroupe parmi les plus grands photographes du monde). Il est lauréat du prix Niépce en 1989 et du prix Nadar en 2016. 

La photo a ses limites mais ce que j'aime bien c'est le silence de la photographie. Quelques fois, on a envie d'aller au-delà, d'aller vers son hors-champ. C'est pour ça que j'écris aussi et que je fais des films. Mais la force de la photo c'est son silence. Elle est forte dans ce qu'on ne peut pas dire avec les mots, les paroles et le son. Elle retransmet bien les non-dits et l'invisible. (Patrick Zachmann) 

Publicité

Il aime travailler ses sujets sur le temps long en s’appuyant sur de longues investigations. Son œuvre s’inscrit davantage dans une quête sociologique - presque anthropologique - plus qu’esthétique. Mais sa démarche reste plus sensible que documentaire. Les questions du devoir de mémoire et de la quête d’identité juive sont deux thématiques qui traversent toute son œuvre.

Je garde en tête surtout le silence dans la cathédrale. Je garde le souvenir des tas de gravats, des poutres calcinées, des pierres. C'était un spectacle déprimant. Mais en même temps il y avait les chaises des fidèles et les bancs intacts. C'était assez étonnant. (Patrick Zachmann)

L’ouvrage Notre-Dame, Histoire d’une Renaissance (Bayard) est le fruit d’un travail de deux ans de Patrick Zachmann au sein de la cathédrale Notre-Dame en ruine puis en chantier. Il a été le premier (mais non le seul) photographe autorisé à y pénétrer depuis l’incendie, bénéficiant d'un accès privilégié au site dans le cadre d'un partenariat entre l'établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris et Magnum Photo. Il entre pour la première fois sur le lieu de l’incendie le 25 juin 2019. La première image qui le saisit est "celle des chaises restées en place qui laissent imaginer les fidèles présents avant l’incendie. Le spectacle est désolant." Depuis et jusqu’à aujourd’hui, il se rend régulièrement sur le site. Dans cet ouvrage, il tente de faire partager cette reconstruction qui est une aventure collective, en faisant la lumière sur les nombreux métiers peu connus qui contribuent chaque jour au chantier. Les textes historiques sont d’Olivier de Châlus, chef des guides de Notre-Dame. 

Pour les croyants, cet incendie a été un moment fort. Mais pour les non-croyants aussi. Et il y a deux raisons : pour les Parisiens celle du traumatisme des attentats du terrorisme islamiste. J'ai été documenter les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher. A ce moment, on ne savait pas si c'était terroriste. Je me souviens m'être dit : "Oh non, pas encore". [...] Et puis il y a ce que représente la cathédrale au-delà du monument : c'est un phénomène "identitaire". Ca représente Paris, la France. Symboliquement, c'est ça qui s'est écroulé. (Patrick Zachmann)

L'exposition "Voyages de mémoire" est la première grande exposition personnelle au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme d’un photographe vivant. Elle présente près de 300 œuvres de Patrick Zachmann, des années 1970 aux années 2015, dont de très nombreux inédits et un film, La Mémoire de mon père. Elle révèle un regard humaniste posé sur le monde, nourri par l’expérience juive et habitée par les questions universelles comme celle de l’exil, de la disparition et de l’oubli. De la fin des années 1970 jusqu’au début des années 1990, Patrick Zachmann mène une longue "enquête" sur les juifs de France, à la recherche de sa propre identité en essayant de répondre à la question : "Est-on juif quand on ignore sa religion et sa culture ?" Patrick Zachmann a fait don de 150 tirages réalisés pour l’exposition qui feront du Mahj un fond de référence pour son œuvre. 

Ce qui m'a marqué au début c'est l'élan de passion sur ce chantier. Ils avaient conscience que ce chantier faisait partie de l'histoire. Ce qui me marque c'est la concentration de ces charpentiers, de ces cordistes. Ils sont tout à leur travail. Ce chantier c'est une aventure humaine. C'est une concentration des meilleurs savoir-faire français. Si ce n'était pas une aventure humaine, ça ne m'intéresserait pas. Je ne suis pas un photographe patrimonial. [...] C'est un reportage sur les gens. (Patrick Zachmann)

"Voyages de mémoire"
"Voyages de mémoire"
- Patrick Zachmann
Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration