Patrick Chamoiseau et Raphaël Imbert au musée d'Orsay - Patchwork Studio
Patrick Chamoiseau et Raphaël Imbert au musée d'Orsay - Patchwork Studio
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Résumé

L’écrivain Patrick Chamoiseau, Goncourt 1992 pour "Texaco", et le jazzman Raphaël Imbert publient l'ouvrage "Baudelaire Jazz", une méditation poétique et musicale ramenant Baudelaire à l’époque des plantations et de l’émergence du jazz. Ils sont nos invités aujourd'hui.

avec :

Raphaël Imbert (Saxophoniste, compositeur, arrangeur jazz (1974)), Patrick Chamoiseau (écrivain).

En savoir plus

Dans l'ouvrage Baudelaire jazz. Méditations poétiques et musicales avec Raphaël Imbert publié aux éditions du Seuil (mai 2022), Patrick Chamoiseau questionne le poète de la modernité, Baudelaire. Mais c'est aussi une série de réponses qu'il lui donne. Il s’adresse à lui, l’interpelle et l’intègre au courant de la créolité. "Ce qui est caché sous vos fleurs maladives, monsieur Baudelaire, c’est la plénitude fragile, pathétique et somptueuse, de la substance humaine" n’hésite-t-il pas à lui dire. Surtout, il analyse les grandes lignes de la création du poète : "la grammaire poétique de Baudelaire est infiniment ouverte et ressemble à celle des jazzmen". Pour lui, il est intéressant de "faire une lecture de Baudelaire qui ne soit pas occidentale" dans un univers où "le récit occidental pèse encore sur le monde".

Pour prolonger cette méditation, Patrick Chamoiseau s’est associé avec le jazzman Raphaël Imbert, actuel directeur du Conservatoire national de Marseille. "L'influence de Baudelaire est un peu partout, nous confie-t-il. Il y a à travers l'idée de modernité celle de l’individu et de l’individuation. Pour moi, c’et quelque chose de primordial dans la manière de définir l’improvisateur". Après avoir été invités en 2021 par le Musée d’Orsay, tous deux ont composé un hommage au grand poète, en l’intégrant chacun à leur domaine de prédilection. Mais quel lien établir entre jazz et poésie baudelairienne ? Pour le saxophoniste, "le propre du jazz, c’est de rendre beau ce qui est défini par essence comme laid, et c’est ce que fait Baudelaire".

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Une variation s’écrit alors sous nos yeux et dans nos oreilles autour de la place du jazz dans les plantations colonialistes des Amériques, de la figure du Conteur primordial ou, plus largement encore, autour de l’acte de création. Car pour Patrick Chamoiseau, "le jazz, c’est littéralement l’expression de la relation, c'est-à-dire que nous sommes sortis des systèmes communautaires (...) [mais] dans le jazz, il y a la modernité extrême de l’individuation. L’orchestre de jazz c’est presque une guerre civile avec une singularité qui rentre en confrontation avec une autre singularité".

33 min
Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration